21 janvier 2011 - 1 réactions
«On n'a pas peur. Ce sera une question de bon sens», affirme Yannick Hemeury (Paimpol). Les comités des pêches bretons ne veulent surtout pas subir la réforme de la filière qui entrera en application dans un an. Ils ont douze mois pour se mettre d'accord sur la réorganisation département par département. À défaut, ils seront rattachés d'office au comité régional. Ainsi l'a prévu la loi.
Plus complexe dans le Finistère
Dans le Finistère, la réforme se présente avec davantage d'acuité. On y compte cinq comités locaux: Nord-Finistère, Douarnenez, Audierne, Le Guilvinec et Concarneau. Alors que l'Ille-et-Vilaine se contente d'un seul (Saint-Malo) contre deux dans le Morbihan comme dans les Côtes-d'Armor. «La réforme ne tombe pas du ciel. On en a connu d'autres. Il y a déjà eu un regroupement de quartiers maritimes au sein du comité du Finistère-Nord», rappelle un permanent de Plougastel-Daoulas. «Et, depuis près de deux ans, on a anticipé la réforme et constitué une fédération finistérienne». Idylliques les relations entre comités locaux? Ce serait beaucoup dire. Pour mémoire, les Concarnois n'avaient pas souhaité intégrer la fédération finistérienne au motif qu'ils «attendaient la nouvelle loi». Conflictuelles? Pas vraiment. Mais la disparité des types de pêches, des tailles des bateaux (de 6,50 à 85m), de la puissance des armements, comme des finances de chaque comité ne facilitent pas la fusion.
«Tout est à créer»
«Tout est à créer. Ce sera un sacré exercice de gérer à la fois le thon tropical de Concarneau, la telline d'Audierne et la coquille en baie de Brest», commente un permanent du Sud-Finistère. De même, entre Lorient et Vannes-Auray (220 pêcheurs à pied), le fossé est important, bien que les hommes y soient de bonne volonté. Il n'y aura qu'un seul président, contre cinq aujourd'hui, pour tout le Finistère. Quel quartier maritime prendra la tête du futur comité départemental? Il est évidemment plus facile de s'entendre quand on est Costarmoricain: «On se dit que si le président est de Paimpol, le vice-président sera de Saint-Brieuc et vice-versa»
. Autre interrogation formulée par Olivier Le Nezet (Lorient): «Comment continuer à naviguer en étant président départemental?».
Si les comités locaux disparaissent dans un an, des antennes locales (sans autonomie financière) seront conservées. D'ores et déjà, Douarnenez et Audierne n'ont déjà plus de permanents.
Spécialisation?
D'autres ports vont-ils connaître le même sort? Prévoit-on des licenciements? «A priori non, mais on va certainement réorganiser le travail et spécialiser certains salariés au sein du comité départemental». La situation est déjà expérimentée à la fédération finistérienne où l'un des permanents s'occupe de toutes les licences de pêche du département. À ce propos, les salariés de la fédération seront-ils repris par le comité départemental? Il reste encore beaucoup de questions sans réponse. Mais, tous les comités locaux l'assurent (sauf Le Guilvinec qui a refusé de s'exprimer): les choses se feront dans le calme, dans la discussion et en toute transparence.

23 mai 2012

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