4 juillet 2011 - 1 réactions
Quand Axelle, 16 ans, fait le tour des salons de coiffure de Lorient à la recherche d'un maître d'apprentissage, faut-il l'encourager? «La coiffure est un des rares secteurs d'activité où l'on dénombre autant de créations et de reprises d'entreprises*», assure la délégation bretonne de la Fédération nationale de la coiffure. Le nombre de fermetures y est plutôt élevé, mais le solde reste très largement positif. «Les salons de coiffure vieillots, les affaires de moins de 40m² qui ne sont pas aux normes de sécurité ou d'accessibilité sont difficiles à vendre. Surtout si leur emplacement n'est pas bonet que leur clientèle a vieilli», expliquent les professionnels.
Baisse des effectifs salariés depuis 2008
Avant d'exercer sa passion, la jeune Axelle devra décrocher un diplôme, au minimum un CAP. On ne s'improvise pas coiffeur. Le BP est fortement conseillé. Et un nouveau BTS s'ouvre à Saint-Malo pour faire des coiffeurs de «vrais chefs d'entreprise», explique Jean-Yves Le Breton, secrétaire général de la Fédération bretonne de la coiffure. S'il n'y a pas de quotas pour les écoles privées (payantes), «le nombre de places dans les lycées publics et les centres de formation des apprentis (gratuits) est limité et fixé conjointement par la fédération de la coiffure et le conseil régional». Pour autant y aura-t-il de la place pour tous ces nouveaux diplômés sur le marché du travail? Comme salarié chez un indépendant ou dans un salon franchisé (10%), ce n'est pas certain. La profession (plus de 5.000salariés en Bretagne) perd des emplois tous les ans (-2%).
La concurrence des auto-entrepreneurs
La faute à la crise économique, estiment les coiffeurs. «Les clients rognent sur les dépenses. Les gens viennent moins souvent. Le chiffre d'affaires du secteur femme a baissé (-1,60%). La couleur se maintient. Le soin a perdu presque 20%. La permanente, c'est du passé. Côté homme, les affaires se portent mieux. Avec le retour de la mode des cheveux longs, on devrait avoir du travail. C'est quand même mieux que la coupe Barthez», se félicite Jean-PierreLeMauff, d'Arradon. Faute de trouver une place de salarié, beaucoup de coiffeurs deviennent auto-entrepreneurs et interviennent à domicile (+55% des créations en 2010). Ça défrise carrément ceux qui ont pignon sur rue: «Pour nous c'est une concurrence déloyale. La plupart ne déclarent pas l'intégralité de leur chiffre d'affaires!».
Une autre clientèle à domicile
Faux procès estime Vanessa Padellec. Coiffeuse à domicile dans le canton de Port-Louis (56) elle a découvert une autre clientèle: «Des handicapés, des gens qui n'ont pas le temps, des malades des hôpitaux,etc.». Et si elle a opté pour le statut d'auto-entrepreneur, c'est qu'il lui donne de la souplesse pour s'occuper de ses deux jeunes enfants. Une analyse que partage SophieRaoul, installée en salon à Lorient, depuis un an. «Nos clientèles ne sont pas les mêmes. Pour rien au monde mes clientes se feraient coiffer chez elles». Que ce soit Vanessa, Jean-Pierre ou Sophie, tous les professionnels se trouvent confrontés à un nouveau problème: non seulement le client est économe, mais il est zappeur. Alors quel avenir pour la jeune Axelle? «Un service de qualité, le sens du marketing et un bel emplacement sont des critères indispensables pour durer» affirment la plupart des professionnels.
*La Bretagne comptait 3.363 établissements de coiffure au 1erjanvier 2010 pour plus de 5.000 salariés.

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