27 juillet 2010 - 6 réactions
Il aura fallu plus d'un an de tractations à Stéphane Lehoux pour obtenir de la firme d'Atlanta le droit de faire une entorse à la charte graphique du groupe afin de produire une publicité Coca-Cola aux couleurs de la Bretagne. Une année au cours de laquelle le directeur Ouest de l'enseigne a rabâché son message à ses patrons américains. Il les a même invités à parcourir la région à la rencontre des passants, des commerçants et des distributeurs pour qu'ils saisissent la spécificité du Breton.
Le Breton, drôle de client
Eh oui, le Breton serait un client particulier. Il consommerait plus «citoyen» que la moyenne, conserverait un fond «d'anti-américanisme primaire» et, en plus, dispose d'une potion magique alternative, le «Breizh Cola». Ce concurrent régional n'inquiète pas Stéphane Lehoux. Au contraire, il «a amené des consommateurs réfractaires à boire du cola», assure-t-il. Son job, désormais: «Reconquérir le coeur des Bretons» et, ainsi, récupérer ces nouveaux clients.
Les cafés, les crêperies... en attendant plus
D'où cette idée de régionaliser le marketing Coca-Cola, que les gens d'Atlanta ont fini par accepter. Ce n'est pas rien. Le géant américain n'avait jamais renoncé à sa charte graphique pour toucher un marché régional. Un passe-droit unique au monde, dont Stéphane Lehoux compte bien profiter. Depuis le début de l'été, Coca-Cola affiche sa nouvelle identité dans les cafés, les crêperies, les restaurants, les supermarchés sous diverses formes (présentoirs, sets de table...). Dès l'année prochaine, l'enseigne compte investir les panneaux d'affichage des villes bretonnes et personnaliser ses véhicules avec ces nouvelles couleurs.
Aveux de faiblesse?
Stéphane Lehoux n'a-t-il pas oublié, en dressant son profil, que le Breton pouvait être têtu et volontiers frondeur? Qu'il pourrait prendre cette tentative de drague comme un aveu de faiblesse et en profiter pour aller chez le concurrent, histoire de faire douter un peu plus le géant américain? «C'est un risque réel dont nous avons conscience», concède-t-il. Mais il se rassure à la vue des chiffres: «Ce lundi matin, nous étions à 16% d'augmentation par rapport à la même période, l'an passé». Et ce n'est que le début de la déferlante marketing. Coca-Cola devrait développer ses partenariats avec des sportifs et des associations bretonnes, à l'image des liens tissés, ces derniers mois, avec la SNSM, et organiser des opérations ciblées. L'objectif est simple: faire que Coca devienne le plus «breizh» des colas.
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