18 mars 2010 - 1 réactions
En quoi l'agriculture et le changement climatique sont-ils liés?
L'agriculture pourrait être une partie de la solution au changement climatique. Il y a 70milliards de tonnes de carbone stockés dans les sols aujourd'hui en Europe. C'est 35ans de rejets de CO2 au niveau européen. C'est beaucoup mais on pourrait faire beaucoup mieux en consommant moins d'énergie fossile et en fixant un quota de gaz carbonique par activité agricole.
On en prend le chemin?
On est loin d'avoir mis en route un processus global. Le problème de la Politique agricole en Europe est que l'on traite les sujets point par point. On a un problème sur l'eau, on fait une directive sur l'eau. Un autre sur les pesticides herbicides, on fait une directive pesticides herbicides et ainsi de suite. Il faut modifier l'ensemble de manière graduelle pour pouvoir gérer tous les problèmes en même temps.
Comment prend-on ce virage?
Il faut changer la manière dont on conçoit la distribution des aides dans l'agriculture, sortir du système d'éco-conditionnalité pour aller vers l'éco-certification. Au lieu de contrôler les moyens et outils, il faut un contrat sur les objectifs: moins de consommation énergétique, moins de rejets, favoriser la microbiologie et la matière organique dans les sols.
Comment expliquez-vous qu'il y ait eu 120 pages d'amendements sur votre rapport?
Il y a eu 250 amendements en tout, dont 200 du Parti populaire européen (groupe majoritaire, de droite). L'enjeu politique est fort. Il y a eu une batterie d'amendements des lobbies qui privilégient l'efficacité de l'agriculture avant de penser à changer les modèles. Mais l'efficacité ne doit pas s'opposer à l'évolution des modèles.
Vous n'êtes pas pour le tout bio...
Non, au contraire. Le Grenelle de l'environnement veut faire passer de 2% à 20% la part de la surface agricole biologique. Bonjour, si on y arrive. Mais que fait-on des 80% qui restent? On a déjà 18millions de personnes qui souffrent de malnutrition en Europe, un milliard dans le monde. On ne peut régler le problème agricole sans un objectif de rendement et de productivité de l'agriculture.
Appliquée au cas breton, que donne votre approche?
La Bretagne a une spécificité: la production animale hors sol. Elle est liée pour les protéines animales qu'elle produit aux protéines végétales qu'elle importe. Si on maintient la matière organique dans les sols, on y maintiendrait beaucoup plus d'azote. Il faut favoriser le recyclage, notamment par la méthanisation. Mais on ne doit pas remettre en cause le système de l'élevage bovin intensif car ce serait condamner toute une filière qui fonctionne.

23 mai 2012

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