4 septembre 2009
L'explosion du chômage s'est confirmée au deuxième trimestre. Le taux de chômage s'établit à 9,1% de la population active, un niveau comparable à celui du premier trimestre 2006.
Selon l'Insee, le taux de chômage s'établit à 9,1% de la population active (hors-DOM-TOM), un chiffre en hausse de 0,6 point, qui efface les bons résultats de2006 et2007. La France compte désormais près de 2,6millions de chômeurs au 2e trimestre, alors qu'elle était passée sous la barre des 2millions début 2008. Parallèlement, l'Insee a noté un nombre croissant d'établissements placés en chômage partiel: 319.000 salariés au 2e trimestre, soit un niveau équivalent à 1993. Craignant que ce fragile ajustement ne suffise pas, le gouvernement a relevé hier par arrêté ministériel le contingent annuel d'heures de chômage partiel autorisé.
Chômage partiel élargi
Désormais, tous les secteurs d'activité ont le droit, comme dans la filière automobile plombée par la crise, de pratiquer jusqu'à 1.000heures de chômage partiel sur l'année (soit plus de six mois). Un signe qui laisse supposer que le gouvernement s'attend à une aggravation du chômage dans les mois qui viennent. L'Insee prévoit pour sa part un taux de chômage supérieur à 10% pour Noël, comme en 1999 avant les lois sur les 35heures. Tôt ou tard cela devrait peser sur la consommation des ménages, principal moteur de l'économie française, estiment les économistes. Ces derniers y voient une très grande menace (Xerfi) et la preuve d'un marché du travail français «très flexible» voire «américanisé» (Asteres). Un sondage TNS/Sofres publié hier confirme d'ailleurs, que parmi les événements de la rentrée, l'évolution du chômage et les plans sociaux sont la première préoccupation des ménages, devant la grippe A et la taxe carbone.
Nicolas Sarkozy a annoncé hier à Caligny (Orne) la tenue d'états-généraux de l'industrie avant la fin de l'année, destinés à tracer les grandes lignes d'une «nouvelle politique industrielle» de la France. Le chef de l'Etat s'exprimait lors d'une table ronde sur la politique de soutien de l'activité et de l'emploi, juste après avoir visité l'équipementier automobile Faurecia, dans cette petite ville de l'agglomération de Flers. Accompagné du ministre de la Relance Patrick Devedjian et de deux secrétaires d'Etat, Laurent Wauquiez (Emploi) et Christian Estrosi (Industrie), le président a profité de ce déplacement pour annoncer que l'Etat garantirait un éventuel repreneur de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (31), que ses propriétaires américains veulent fermer. «On fera les états-généraux de l'industrie avant la fin de l'année, pour voir dans quelle filière on doit aider, dans quelle filière on doit investir sur le long terme», a affirmé Nicolas Sarkozy. Selon lui, ces états généraux pourraient être préparés dans les différentes régions par ateliers qui réuniraient les PME, les grandes entreprises, les syndicats, les universitaires, les chercheurs et les financeurs. Ces travaux «pourraient se terminer par une convention nationalequi tracerait les lignes d'une nouvelle politique industriellepour la France, avec une réflexion sur toutes les grandes filières à l'exemple de celles que nous avons déjà menées sur l'aéronautique, l'automobile et le bois», a-t-il expliqué.
