28 janvier 2010
Qu'est-ce qu'un chômeur en fin des droits?
Une personne qui n'a pas retrouvé de travail au terme de la période d'indemnisations versées par l'assurance-chômage, comprise entre quatre mois et deux ans (trois ans si elle a 50ans ou plus). Elle peut rester inscrite à Pôle emploi. Depuis 2009, un jour travaillé=un jour indemnisé.
Combien y a-t-il de chômeurs en fin de droits?
Un million de demandeurs d'emploi vont perdre leurs droits à l'assurance-chômage cette année. Ils étaient 850.000 en 2009, contre 700.000environ avant la récession.
Cette hausse est-elle due à la crise?
Oui, mais pas seulement. La récession, qui a précipité au chômage des vagues de salariés depuis plus d'un an, a réduit les possibilités de retrouver un emploi. Les conditions d'indemnisation, négociées entre les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) et le patronat (Medef, UPA, CGPME) gérant l'assurance-chômage, se sont aussi durcies au fil des ans sur fond de déficits. La possibilité, rétablie en 2009, d'être indemnisé dès quatre mois de cotisations augmente également mécaniquement le nombre de fins de droit.
Un chômeur en fin de droits peut-il toucher d'autres ressources?
Les situations sont diverses. Certains peuvent prétendre à l'Allocation de solidarité spécifique (ASS, 454euros par mois environ) ou au Revenu de solidarité active (RSA) versés par l'Etat. Selon Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, ils seraient ainsi 170.000 chômeurs en fin de droits à toucher l'ASS et 230.000 au RSA. Mais tous n'y ont pas droit, car ces minima sont accordés en fonction des ressources du ménage. 600.000 personnes, selon la CGT, ne toucheraient aujourd'hui aucune indemnité. Certains ne pointant plus disparaissant des statistiques.
Quelles solutions sont évoquées?
Tout en répétant que le sujet relève de l'assurance-chômage, gérée par le patronat et les syndicats, le gouvernement a évoqué des pistes: davantage de contrats aidés et de formations pour réorienter ces personnes sur le modèle de reclassement des licenciés économiques, accompagnement intensifié dans la période précédant la fin de l'indemnisation. «Personne ne reste au bord de la route. Aucune hypothèse n'est exclue», a déclaré Laurent Wauquiez, interrogé sur une éventuelle prime aux employeurs embauchant un chômeur de longue durée. La plupart des syndicats et partis de gauche se prononcent, eux, pour une prolongation «exceptionnelle» de l'indemnisation par l'assurance-chômage. Cela coûterait 1,342milliard d'euros pour trois mois dégressifs (70% de la dernière indemnisation le premier mois supplémentaire, 60% le deuxième, 50% le troisième mois). Un accès assoupli à l'ASS est demandé par la plupart des syndicats. FO, CGT et CFTC réclament aussi une surcotisation chômage des entreprises recourant massivement à l'intérim et aux CDD.
Quand une décision sera-t-elle prise?
Qui va trancher? Le dossier est sur la table depuis juin2009, mais, depuis Noël, partenaires sociaux et gouvernement se renvoient la balle. Le sujet sera abordé lors d'une réunion d'agenda social le 15février autour de Nicolas Sarkozy.

23 mai 2012

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