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Chaffoteaux. Une page se tourne à Saint-Brieuc [Video + Diapo]

6 novembre 2009 - 2 réactions

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Les salariés de Chaffoteaux ont décidé hier, à une écrasante majorité, d'accepter les propositions de leur direction. Débutée le 18juin, la lutte des ouvriers ploufraganais est terminée. Ce soir, ils laisseront l'usine à leurs patrons.

> Le diaporama
> La réaction de Bruno Joncour

Le sentiment d'injustice ne disparaîtra jamais. Licenciés de leur usine de chauffe-eau par un groupe qui a réalisé plus de 66millions d'euros de bénéfices ces trois dernières années, les salariés de Chaffoteaux ont lutté, quatre mois et demi durant, pour sauvegarder leur emploi. En vain. Alors, hier, à l'heure du déjeuner, ils ont décidé de cesser leur combat et d'accepter les dernières propositions formulées par les Italiens d'Ariston Thermo Group (ATG). Notamment une prime de licenciement extralégale de 25.000 EUR brut pour tous et l'assurance de percevoir 90% de leur salaire pour des durées allant de neuf mois à quatre ans.

154 pour, 22 contre

Ce jeudi, l'issue du vote ne faisait pas vraiment mystère. Son résultat, proclamé sous de timides applaudissements, a largement confirmé la tendance des dernières heures: 154 voix pour, 22 contre et trois bulletins nuls. Conséquence, aujourd'hui, après une dernière journée dans leur usine, les «Chaffoteaux» quitteront le site des Châtelets, bloqué depuis le 18juin et l'annonce de la fermeture. Pour les plus jeunes, c'est une page qui se tourne et un avenir incertain qui se dessine. Pour les plus anciens (*), c'est tout une vie de travail qui s'achève. Parfois après plus de 30 ans passés sur les chaînes de montage. Et pour chacun des 206 licenciés, ce sont aussi quatre mois et demi de vie collective qui se terminent.

Une lutte d'un nouveau genre

Cent quarante et un jours rythmés par des assemblées générales quotidiennes, deux voyages collectifs à Paris au siège social d'ATG, d'innombrables réunions de négociations avec leurs dirigeants, mais aussi de nombreux coups d'éclats. Des actions médiatiques qui ont forgé leur popularité: les séries de cartes postales, le calendrier de la «débauche» ou encore la chanson «Porte206», coécrite avec François Budet. Mais la singularité du combat des Chaffoteaux ne se mesure pas à ces quelques initiatives. Car depuis le 18juin, chose rare dans un tel conflit, les ouvriers n'ont été en grève que pendant une vingtaine d'heures. Ils ont également su monnayer au mieux leur stock de produits finis (estimés à 11millions d'euros), sans avoir recours à la casse et encore moins à la violence. Élus locaux, soutiens de tous horizons et même leurs propres patrons ont loué la dignité de leur lutte.

Pas une victoire

Si le conflit a été éprouvant au possible - preuve en est, la semaine passée, 40 personnes étaient en arrêt maladie -, les ouvriers ont su conserver leur unité. Malgré les tiraillements inhérents à une lutte aussi longue. La prime uniforme de 25.000 EUR en est le meilleur exemple. Reste que, si le plan social est meilleur que ce qui a pu être obtenu dans d'autres entreprises de même taille, les «Chaffoteaux» ne peuvent, ni ne veulent, crier victoire. Car les salariés n'ont jamais eu qu'une seule priorité: garder leur emploi. Seuls une quarantaine d'emplois devraient être conservés dans l'usine qui a compté 2.200 salariés dans les années 70. Lors de son rachat en 2001 par le groupe italien Ariston Thermo Group, 850 personnes y travaillaient encore.

(*) Les deux tiers des effectifs ont plus de 45 ans.

  • Gwendal Hameury et Julien Vaillant
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2 réactions

  • gec
    à Jeanbern
    Je suis de Ploufragan et je peux dire que la municipalité et beaucoup de responsables politiques se sont mobilisés dans le conflit. Si vous êtes du coin , vous êtes malhonnête .Si vous ne l'êtes pas vous parlez en dépit du bon sens.
    Ajouté le 6 novembre 2009 à 18h29
  • Jeanbern
    Tristesse et décadence ...
    Je suis triste pour les " Chaffotaux ", mais cette issue était prévisible et ceci malgré le combat noble qu'ils ont livré. A qui la faute de cette disparition ?.. Aux " Politiques " bien sûr !!! Ils brassent du vent, leur inefficacité est chronique loin des réalités de la vie. Inquiétant pour l'avenir ... J'espère que la jeunesse va faire front car elle est la première concernée dans cette spirale infernale. Merci Mr Estrosi d'être passé au Chatelet avec vos sbires de l'UMP, tout sourire. Persuadés que vous alliez faire un miracle ... Quelle naïveté de nos élus locaux de droite, mais aussi de gauche juste bons à aller sur les photos. J'espère que le matin en se rasant ils arrivent à se couper, à défaut de se pincer en se levant ... Juste pour revenir sur terre et regarder la réalité en face. A leur place j'aurai honte de me présenter face aux électeurs ... Mais ça rapporte tellement de faire de la politique stérile !!!
    Ajouté le 6 novembre 2009 à 16h09
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