7 octobre 2009
En déplacement à l'usine Chaffoteaux de Ploufragan, le ministre de l'Industrie a promis de ne laisser aucun des salariés sur le carreau. Mais sans annoncer de mesures concrètes.
Les salariés de Chaffoteaux n'attendaient aucun miracle de la venue de Christian Estrosi. Ils n'ont pas été déçus. Certains, comme les trentenaires Alexandra et Stéphane, ont même eu l'impression que le ministre de l'Industrie s'était moqué d'eux en venant «se faire un coup de pub» à Ploufragan.
Pourtant, ce mardi, le Niçois a parlé. Longuement. Face aux salariés en lutte depuis trois et demi pour la sauvegarde de leurs emplois, il a martelé qu'il aimait «les ouvriers de France». Qu'il comprenait «la colère» des Chaffoteaux. Qu'il souhaitait «se battre» à leurs côtés et rentrer dans «leur famille». Que leur situation l'attristait. Qu'il avait même une «boule» au ventre en pensant à la fermeture de l'usine. Mais lorsqu'un salarié se lève et réclame «du travail tout de suite» et des mesures «concrètes», le ministre se crispe : «Vous avez organisé des questions précises auxquelles je puisse répondre ?»
«Je reviendrai»
Puis poursuit : «Aujourd'hui, vous me parlez de travail mais plusieurs choses me sont revenues aux oreilles. J'ai entendu que certains se battaient pour leur emploi. Et d'autres pour obtenir la prime de départ la plus élevée possible». Dans la salle de réunion archi-pleine, quelques sifflements se font entendre avant que le ministre ne reprenne : «Je veux que vous ayez du travail. Je vais me battre que ce site accueille de nouvelles activités industrielles. Maintenant, je vous demande de me déléguer un minimum de confiance. Je reviendrai ici dans quelques semaines et j'aurai des comptes à vous rendre».
Il est un peu plus 18 h et «l'échange» avec les salariés touche à sa fin. Christian Estrosi doit maintenant aller «travailler» avec les élus locaux, les représentants du personnel et les dirigeants d'Ariston Thermo Group dans une autre pièce.
Jacques Garau, médiateur
Vers 19 h 30, le ministre ressort, reprend une dernière fois la parole et annonce que Jacques Garau, commissaire à la réindustrialisation pour la Bretagne, va être nommé médiateur dans le conflit, avant de réaffirmer sa volonté de voir le site des Châtelets accueillir de nouvelles activités industrielles, notamment en lien avec les énergies renouvelables. «On l'a écouté. Maintenant, on jugera sur pièces», tranche Martial Collet, le délégué FO.
