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Economie

Chaffoteaux. Deux scénarios catastrophe [Videos]

19 juin 2009

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149 licenciements dans le meilleur des cas, 207 dans le pire: le groupe ATG, propriétaire Chaffoteaux, a annoncé hier son projet de restructuration pour le site costarmoriocain. Mais pour les salariés, quelle que soit la solution choisie, c'est la fermeture de leur usine qui a été annoncée hier.

Débuté dans la cafétéria du siège parisien d'Arsiton Thermo Group, le comité central d'entreprise de Chaffoteaux s'est achevé dans... une cuisine «dégueulasse». C'est là, à côté de cuisiniers préparant le déjeuner, que les représentants du personnel de l'usine se sont vus signifier «la catastrophe» par leurs patrons italiens. Et si ces derniers affirment toujours «vouloir maintenir une activité» sur la région briochine, plus personne ne les croit.

«Conditions intenables»

Car au cours de la réunion d'hier matin, la direction de Chaffoteaux a présenté deux scénarios. Le premier prévoit la suppression de 207 emplois. Ne resteraient plus alors que 41 salariés en recherche et développement. «Ce serait pour faire du contrôle», indique, désabusé, Martial Collet, délégué Force ouvrière. «Mais à ça rime à rien de faire venir d'Italie ou de Chine des machines et des pièces pour les renvoyer ensuite vers l'étranger». Le deuxième cas de figure, dans lequel sont envisagés 149 licenciements, semble laisser plus d'espoir. Semble seulement. Car pour conserver 88 postes, les patrons de Chaffoteaux ont posé leurs conditions: exonération de la taxe professionnelle et de la taxe foncière pendant quatre ans, un nouveau site pour accueillir l'activité restante, le droit d'avoir recours au chômage partiel durant toute l'année 2009 et une baisse conséquente du plan de revitalisation consécutif au précédent plan social. Des conditions «intenables» selon le président de l'agglomération briochine Michel Lesage qui a d'ores et déjà dénoncé le «chantage» des dirigeants d'ATG. Réunis devant une usine devenue déserte - tout le monde a cessé le travail à 13h -, les salariés portaient un jugement encore plus dur sur leurs patrons: «Depuis leur arrivée en 2001, ils ont vidé cette entreprise. Ils ont volé notre savoir-faire, déménagé nos machines, mis en vente les terrains. Avec le recul, on peut dire qu'il n'y a que la marque Chaffoteaux qui les intéressait», juge Ludovic, 35 ans. «Aujourd'hui, nous nous attendions à la suppression du travail en équipe, peut-être à un nouveau plan de départs volontaires, mais pas à ça», poursuit Ivan, 53 ans, dont 30 passés dans l'usine.

Visages fermés et abattus

Les visages fermés, abattus par une annonce à laquelle ils ne voulaient pas croire, ouvriers, cadres et techniciens se sont tous retrouvés à 19h pour une assemblée générale. Une AG durant laquelle Chantal Jouan de la CGT a prévenu: «Il va falloir se rendre à Paris ou en Italie parce qu'ils (les dirigeants d'ATG, NDLR) faudra aller les chercher pour leur faire cracher de l'argent». Pour l'heure aucune action n'a encore été envisagée, mais la pression devrait monter d'ici le 30juillet (date à laquelle ATG annoncera son choix final). Peut-être même dès ce matin lorsque le directeur du site de Ploufragan sera face aux salariés.

  • Julien Vaillant

95 ans d'histoire en Bretagne

Les frères Chaffoteaux, fuyant la zone des combats dans les Ardennes, installent leur fonderie au Légué. Après avoir fabriqué des obus, ils commencent la production de chauffe-eau en 1922. La famille Chaffoteaux prend le contrôle de la firme des frères Maury, installée à ??vreux, en Normandie. Chaffoteaux entre au capital de son grand rival, Saunier-Duval, en achetant pour 3,2millions de francs d'actions. L'usine emploie plus de 2.000 salariés. L'entreprise des Châtelets est rachetée, déjà, par des Italiens, la firme Gimmo. Cette fois, c'est le groupe allemand Preussag qui prend les commandes de l'usine. Plan social, pour la première fois assorti de licenciements secs (53). Un mois après, l'entreprise costarmoricaine est rachetée par le groupe Elfi.Le groupe italien Merloni Termo Sanitari (qui porte aujourd'hui le nom d'Ariston Thermo Group) rachète l'usine, qui emploie désormais 850 salariés. Arrivent ensuite les licenciements, un plan de départs volontaires (retoqué par la direction du travail en plan social), des périodes de chômage partiel à répétition, et la vente des locaux...
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