17 octobre 2009
A Saint-Quay- Portrieux, Celtamor, leader sur le marché de la saint-jacques pêchée en France, absorbe la majorité des tonnages bretons. Des coopératives de pêcheurs détiennent près de la moitié de son capital.
La campagne de la coquille a démarré début octobre en baie de Saint-Brieuc. Celtarmor, (groupe Le Graët) s'est engagée à acheter 4.200 tonnes d'ici la fin de la saison, fin avril2010. L'entreprise costarmoricaine, créée en 1995 pour écouler les excédents du marché, est devenue au fil du temps une «béquille» pour les producteurs. Les temps ont changé, les rangs des mareyeurs se sont éclaircis sur ce marché, le débouché industriel est devenu primordial. Le consommateur réclame des produits prêts à l'emploi. La spécialité de la maison, c'est la noix, fraîche ou surgelée.
80% en surgelé
Mercredi15 h.Des camions viennent livrer sur les quais de l'usine des montagnes de sacs de coquilles fraîchement pêchées. Elles viennent des criées de Saint-Quay-Portrieux, Erquy, Loguivy-de-la-Mer. «La baie de Saint-Brieuc assure l'essentiel de l'approvisionnement de nos ateliers de transformation», explique Patrice Faulon, le responsable de production de Celtarmor, en plein contrôle de la marchandise. Quelques tonnages, bien plus restreints, arriveront, au cours de la campagne, de la baie de Morlaix ou de la rade de Brest, où les coquilles portent du corail. L'entreprise compte 24 salariés permanents, mais l'effectif passe à 120 personnes durant les six à sept mois de pics de production. Le bivalve est successivement décortiqué, ébarbé. 80% des volumes seront surgelés.
Pas le temps de cuisiner
En quelques années, la consommation a évolué. Seulement 10 à 11% des ménages français achètent de la coquille entière. «Les consommateurs n'ont plus le temps de cuisiner, ils préfèrent des noix décortiquées», souligne Bertrand Desplat, le P-dg de Celtarmor. Aujourd'hui, l'entreprise créée par les professionnels (49% du capital) et le groupe Le Graët (51%) est devenue l'un des moteurs essentiels de la commercialisation des coquilles de la baie de Saint-Brieuc.
Croissance de 3%
«En cette période économique difficile, nous enregistrons une croissance de 3% depuis un an sur la noix de saint-jacques», indique Bertrand Desplat. L'ensemble de la production est commercialisé en France, essentiellement dans l'Ouest, la région parisienne et le Sud-Est. Elle prend la direction des grandes et moyennes surfaces, de la restauration hors domicile, des circuits spécialisés. Bertrand Desplat reste vigilant sur la demande de label rouge pour le pétoncle géant des Etats-Unis et du Canada, qui pourrait concurrencer la saint-jacques. «C'est comme si on délivrait un label rouge à un poulet brésilien».
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