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CCI. Brest vent debout contre la réforme

8 juillet 2009 - 3 réactions

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«C'est un non-sens». Jacques Kuhn, le président de la CCI de Brest, ne mâche pas ses mots vis-à-vis de la réforme, telle qu'envisagée, du réseau des chambres de commerce et d'industrie.

D'habitude, le monde des CCI est plus feutré. L'onde est venue de la RGPP (réforme générale des politiques publiques), à la recherche de cohérences et d'économies. Le souhait de l'État a trouvé écho - une façon aussi de devancer - au sein du réseau des CCI, mais avec deux thèses en présence. La première, relayée par l'échelon national des CCI, renforce ses propres responsabilités et celles des chambres régionales, en diminuant celles des CCI «de base». La seconde thèse part de celles-ci, tout en acceptant de renforcer les deux échelons précités. Une version «descendante» et une autre «montante», un peu l'histoire, revisitée, des Jacobins et des Girondins.

Report des élections

On passe sur des péripéties et deux votes. Jacques Kuhn, défenseur de la thèse «montante», considère que les forces en présence font à peu près jeu égal. Depuis, aussi, un avant-projet de loi a été adressé par le gouvernement au conseil d'État. D'après Jacques Kuhn, «il est pire que ce que prévoyaient les partisans de la thèse «descendante». On ne sait comment l'avant-projet va prospérer. Pour l'heure, la réforme envisagée a une conséquence: le report des élections consulaires, initialement prévues fin 2009, à l'année 2010, à une date à préciser. Chacun fourbit ses arguments par rapport à l'avant-projet. Dans le camp de la thèse «montante», on se demande si un établissement public, telle qu'une CCI de base, qui n'aurait plus d'autonomie financière, existe seulement au regard du droit.

Lobbying sur les députés

À prévoir aussi: tout un travail de lobbying auprès des députés, qui auront un jour à voter. D'aucuns estiment, par ailleurs, que le problème de la réforme n'est pas posé au bon moment, alors qu'on ne connaît pas le devenir - une réforme aussi - des niveaux de collectivités territoriales. Également parce que l'État a annoncé la suppression de la taxe professionnelle (les CCI prélèvent un impôt additionnel à cette taxe), sujet qui n'est pas purgé. Mais l'opposition porte aussi sur d'autres motifs. Au fond, Brest craint, à travers cette réforme, une aspiration de responsabilités au profit de la CCI régionale, et donc de Rennes. Elle n'est pas la seule. La CCI de Nice (le maire, Christan Estrosi, est devenu, depuis, ministre de l'Industrie) ne veut pas être «aspirée» par Marseille, et Grenoble, par Lyon, pour prendre des villes d'importance.

Ne pas être «aspiré»

La mouture envisagée retirerait également, à la CCI de base, le droit de créer, de son propre chef, ce qui fait dire à Jacques Kuhn: «Nous combattons un recul de notre liberté locale». Brest est aussi à 250km de Rennes, ce qui n'est pas neutre pour l'organisation. «Vous pensez que des élus bénévoles iront à Rennes pour une réunion de bureau de 2heures?» questionne Jacques Kuhn. «La CCI de Brest est, de loin, la plus importante de Bretagne en effectifs, avec 600 personnes, et en périmètre d'affaires, elle est dans les dix premières au plan national», observe-t-il. «C'est clair qu'encore une fois un centre de décision va quitter Brest», commente, pour sa part, Jean-Pierre Le Roux, délégué syndical CFDT de la CCI de Brest et secrétaire général de ce syndicat pour les CCI. «Nous sommes opposés à la réforme, car les conséquences sociales risquent d'être graves pour les personnels», ajoute-t-il
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  • Vincent Durupt
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3 réactions

  • arri...
    la résistance ?
    Les 148 CCI de France ont besoin de coup de jeune et de rénovation en profondeur (lourdeur actuelle et niveau d'efficience à contrôler et à à remettre à plat). Le rôle des CCI est aussi à recadré (....600 personnes dans l'effectif de Brest ça laisse pantois)
    Ajouté le 8 juillet 2009 à 09h06
  • yellowdog
    les CCI
    il est grand temps de faire le ménage dans les CCI; savez vous que le statu des employés des CCI, est le pire de tous ? dans l'administration territoriale, c'est déjà pas terrible, mais dans les CCI c'est encore pire ! meme l'inspection du travail ne veut pas y mettre le nez : "nous ne sommes pas compétents, en matière de litige"; les syndicats ? inexistants ! quand un employé est licencié, il n'a pas droit aux indemnités de licenciement "les CCI ne sont pas obligées de les donner"; cool comme réponse, non ? des textes qui régissent les CCI ? vous pouvez toujours chercher ....... alors il est temps d'y faire le ménage, car entre son patron qui roule en Bentley, et les employés qui pleurent (les grutiers du port de Brest, étaient encore en grève, en début de semaine, non ?), ya un fossé, que dis je un gouffre !
    Ajouté le 8 juillet 2009 à 07h29
  • cape...
    la fin des baronnies locales ?
    que des syndicats s'insurgent par la craintes de voir les personnels touchés par une telle mesure est légitime et totalement compréhensible. Que les présidents de ces mêmes chambres de commerces s'insurgent au prétexte de l'éloignement géographique, ou par la crainte de la perte de certaines de leurs prérogatives, l'est moins. l'éloignement géographique n'en n'est pas un, la visio conférence étant parfaitement au point de nos jours et largement utilisée par bon nombre d'entreprises. Derrière ce refus, j'y vois celui de petits barons locaux soucieux de garder leur influence, à la t^te de leur baronnie. Une régionalisation des chambres de commerces devrait en principe permettre une rationalisation des moyens. elle devrait également diminuer le cout des études et des projets redondants d'un département à l'autre, en évitant de réinventer le "fil à couper le beurre" à chaque fois. je pense que ce projet est intéressant mais il demande sans doute quelques aménagement et sans doute une mise en place progressive. quant au reclassement éventuel des personnels excédentaires dans la mise ne place de la nouvelle structure, qui sera mieux placé que la chambre de commerce pour le faire, vu son réseau?
    Ajouté le 8 juillet 2009 à 07h12

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