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Bruxelles. La fausse volaille fraîche dans le collimateur

1 avril 2009 - 1 réactions

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Bruxelles part en guerre contre la fausse volaille fraîche. Dans le collimateur de l'Union européenne, les plats élaborés à partir de volaille congelée puis revendus en rayon frais. Une pratique plus courante qu'on ne le pense.

C'est une bonne nouvelle pour les amateurs de pilons grillés et autres brochettes de volaille. L'Union européenne veut interdire de vendre leurs préparations pour barbecue préférées au rayon frais des supermarchés si elles ont été élaborées à partir de viande congelée. L'idée a priori va de soi. «Une préparation fraîche est une préparation de volaille faite uniquement à partir de produits frais», explique Alain Melot, vice-président de la Fédération des industries avicoles (FAI).

Loi incomplète

Seulement en pratique, c'est un peu différent car la réglementation, stricte pour les viandes entières, est incomplète pour les produits préparés, même crus. C'est ainsi que certains importateurs de poulets congelés brésiliens les mettent sur le marché au rayon frais après les avoir «préparés». Au risque que, dans l'ignorance, la ménagère le remette ensuite au congélateur... Hier, les députés de la commission agriculture du Parlement européen ont apporté au projet de la Commission de Bruxelles d'interdire à l'avenir une telle pratique, contre l'avis de leur président britannique Neil Parish. Ce qui a été congelé une fois devra être vendu congelé. Un point c'est tout. Au Royaume-Uni, cette idée fait un tollé. On annonce «l'interdiction des produits congelés», «la fin des barbecues» ou encore la mort «des dindes de Noël» sous les coups de la bureaucratie européenne.

Peu transparent

La France, elle, est plus en ligne avec l'idée que l'on peut se faire de l'intérêt du consommateur et soutient la Commission. Gouvernement et industriels confondus. «On a intérêt à tout faire pour préserver la qualité», explique l'eurodéputé Stéphane Lefoll. En pratique toutefois, le secteur est peu transparent sur ses pratiques. «Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé», admet un opérateur. La question sera débattue cette semaine à la FAI. La filière Label Rouge assure ne pas être concernée car «son cahier des charges lui interdit de travailler avec des produits congelés», explique une porte-parole. Et d'admettre cependant qu'un abattoir qui travaille dans la filière mais «fait aussi du produit standard» (donc non Label Rouge) s'était dans un premier temps opposé à l'interdiction de revendre du décongelé préparé sous l'appellation frais... avant finalement de changer d'avis.

Une nécessité pour les exportations lointaines ?

«Si les Brésiliens découvraient qu'ils peuvent vendre leurs produits décongelés au rayon frais, ils s'en chargeraient eux-mêmes», comme le note une source européenne. Or l'interdiction envisagée par la Commission fermerait opportunément le marché des produits préparés aux viandes importées de loin qui doivent nécessairement être congelés pour arriver en Europe. Les producteurs européens savent que le produit préparé est l'avenir de la filière. A condition de faire rentrer les abattoirs dans le rang.

  • Florence Autret
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1 réaction

  • hectordevan
    Aux organismes sanitaires de faire leur job
    Il est clair qu'içi il y a un défaut d'information du consommateur sur la qualité intrinsèque de la matière première qui a fait l'objet d'une congélation et d'une décongélation pour la transformation, voire une nouvelle congélation si le produit est vendu au rayon surgelés. Pour la vente en frais, il y a tromperie majeure compte tenu de l'ingrédient congelé. C'est à la reglementation de bouger pour rendre transparant ll'origine matière première: c'est aussi une belle voie pour promouvoir la matière première locale et donner ainsi un coup de pouce solide à la filière volaille France et européenne. Avec un peu de courage, L'AFSA et la DSV et la DGCRF devraient se mettre autour de la table pour voler dans les plumes. Du concret et moins de blabla...cqfd
    Ajouté le 1 avril 2009 à 09h23

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