14 juillet 2009 - 4 réactions
La fréquentation touristique britannique a chuté, en ce début d'été, en Bretagne. En cause: la crise économique et la dépréciation de la livre.
Où sont donc passés les touristes britanniques, qui faisaient les beaux jours du tourisme breton? La réponse ne peut être formelle. Confrontés à une érosion de leur pouvoir d'achat, ils auraient adopté plusieurs scénarios: rester sur leur île, voyager en low-cost sur des destinations comme l'Egypte, la Turquie, Malte, les pays de l'Est... «Nous pensions qu'en raison de la proximité géographique, la Bretagne aurait bénéficié de leur venue», note Philippe Le Roy, le directeur de l'office de tourisme de Roscoff (29). «Mais la zone euro est devenue trop chère pour eux». La manne anglaise s'est fortement tarie dans la région, où les Britanniques représentent la première clientèle étrangère, devant les Allemands et les Néerlandais.
Les Irlandais aussi
Sur ses lignes transmanche, la compagnie roscovite Brittany Ferries transporte annuellement quelque 2,7millions de passagers, essentiellement des Britanniques venant passer quelques jours en Bretagne, ou poursuivant leur route au-delà. «Nous avons enregistré une légère baisse de la fréquentation anglaise en juin, juillet a été correct», indique François Potier, chargé des études économiques à la compagnie maritime. «Par contre, la baisse est supérieure à 10% pour la clientèle irlandaise, la plus touchée par la crise économique».
200euros au lieu de 800euros
Sur le continent, les Britanniques ne desserrent pas les cordons de la bourse. Au Cash Wine and Beer, à Saint-Malo (35), Marie Champigny évalue la baisse de la clientèle britannique à 40%. «Avant, ils nous demandaient les appellations connues, comme le pouilly-fumé, le saint-émilion ou le châteauneuf-du-pape, des bouteilles allant jusqu'à 20EUR, voire davantage, commente la commerçante. Aujourd'hui, ils réclament des vins de pays autour de 2,50EUR». Le panier moyen a été divisé par deux ou trois depuis le mois d'octobre. C'est au mieux 200EUR au lieu de 500 à 800EUR! Même discours au magasin Wine Beer Supermarket, à Roscoff, où les Britanniques achètent des «vins premier prix autour de 3 à 4EUR». Quant aux champagnes et spiritueux, le chiffre d'affaires a chuté de 25 à 50%.
Hôtels et campings aussi
Les hôtels reçoivent, eux aussi, moins de Britanniques. La Brittany ferries, à Roscoff, a vu le pourcentage de clientèle britannique passer de 40 à 15%. Ils sont également moins présents à L'Hôtel Georges, à Pléneuf-Val-André (22). Les campings dressent le même constat, que ce soit le domaine des Ormes, à Epiniac (35), celui du «P'tit Bois», à Saint-Jouan-des-Guérets (35), du Men-Hir, à Carnac (56) ou du Letty, à Bénodet (29). Dans ce dernier camping, le traiteur a même vu des bons clients anglais acheter, en ce début d'été, une part de frites pour quatre personnes. My God!
"Where are the British gone ? That is the question !"
