6 août 2011
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Les marchés mondiaux ont poursuivi, hier, leur plongeon de la veille. Les chiffres meilleurs que prévu de l'emploi aux États-Unis n'ayant pas apaisé les angoisses des investisseurs concernant l'économie mondiale et la crise de la dette en zone euro. L'économie américaine a créé 117.000 emplois en juillet, mois au cours duquel le taux de chômage a baissé d'un dixième de point, à 9,1%. Ces chiffres supérieurs aux pronostics ont d'abord provoqué «un soupir de soulagement entendu de Chicago à Melbourne», a commenté Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com. Mais le pessimisme a vite repris le dessus. «Le marché ne paraît pas complètement convaincu que ces chiffres de l'emploi soient assez solides pour surmonter la morosité actuelle, provoquée par ce qui se passe en Europe», a noté Phil Flynn, analyste de PFG Best Research.
10e jour de baisse à Paris
Après avoir ouvert en légère hausse, la Bourse de New York a fait, toute la journée, des montagnes russes, avant de revenir dans le vert en fin d'après-midi. Jeudi, Wall Street était retombée à son niveau de décembre après une chute de 4,31% du Dow Jones et de 5,08% du Nasdaq. Les Bourses européennes ont imité cette volatilité. À Paris, l'indice CAC 40 a d'abord lourdement chuté, lâchant plus de 3% en début de séance, avant de revenir brusquement dans le vert, puis de repasser en terrain négatif pour terminer la journée en repli de 1,26%. L'indice vedette parisien cumule dix séances de baisse, du jamais vu depuis sa création en 1987. Les chutes ont été encore plus lourdes sur les autres grandes places européennes: Londres a lâché 2,71%, Francfort 2,78%, la Bourse suisse 2,14%. Sur la semaine, la Bourse de Francfort accuse une perte de 13%, 10% pour Londres et près de 11% pour Paris.
Malgré des rumeurs selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) s'apprêterait à acheter des obligations espagnoles et italiennes peu prisées par les marchés, Madrid a cédé 0,18%.
Espagne et Italie inquiètent
À Milan, la cotation a été suspendue en raison d'une volatilité excessive, alors que l'indice reculait de 0,63%. L'Italie et l'Espagne ont publié les chiffres de leur croissance au deuxième trimestre, qui se sont avérés poussifs: la croissance a ralenti en Espagne à 0,2% contre 0,3% au premier trimestre, tandis qu'elle a accéléré à 0,3% en Italie. Une situation qui inquiète les marchés car elle rend mécaniquement plus difficile l'assainissement budgétaire.
Obama rassurant
«Si les États ont une dette élevée, ils doivent croître, sinon cette dette devient insoutenable. C'est le point crucial et c'est pour cela que l'Italie et l'Espagne sont devenus la cible des marchés», a analysé Chiara Corsa, économiste de UniCredit. Les dirigeants mondiaux sont à nou
veau montés en première ligne pour tenter de faire retomber la fièvre des marchés. «Je souhaite que les Américains et nos partenaires à travers le monde sachent ceci: nous allons nous en sortir, les choses vont s'améliorer», a voulu affirmer le président américain Barack Obama.
Sarkozy avec Merkel et Zapatero
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a affirmé que l'Espagne et l'Italie n'auront pas besoin de plan d'aide, car «leurs fondamentaux économiques ne le justifient pas». Il a plaidé pour l'augmentation des capacités du Fonds de soutien et a appelé les marchés à la patience. Les autorités britanniques devaient se réunir en urgence vendredi pour examiner la situation de la zone euro. En France, le ministre de l'Économie, François Baroin, a interrompu ses vacances pour rentrer à Paris.
Dans la soirée, le président Sarkozy, qui préside cette année le G7 et le G20, devait s'entretenir avec la chancelière allemande Merkel et le Premier ministre espagnol Zapatero.

23 mai 2012

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