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Bourse. L'actionnaire salarié paie le prix fort

28 novembre 2008

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Etre salarié et actionnaire de sa propre entreprise quand la Bourse s'effondre, ça ressemble à la douche froide. En quelques semaines, cette épargne a fondu.Vu comme un moyen de gagner du pouvoir d'achat et de préparer sa retraite, l'actionnariat salarié est malmenée par la crise. Placer ses économies dans son entreprise cotée en bourse semble risqué alors que le CAC 40 a perdu environ 40 % de sa valeur depuis le début de l'année. Pour de nombreux cadres et employés, la chute des bourses a eu l'effet d'une douche froide. L'inquiétude est palpable mais les entreprises implantées en Bretagne dissertent peu sur le sujet. Lafarge, C & S... Les dirigeants refusent de communiquer ou tardent à répondre.

« Les salariés attentistes »

Les syndicats, eux, sont plus bavards : « Nous adhérons au dispositif sans l'encourager », conçoit Pierre Ballansat, délégué central CFDT pour Lafarge Ciment. « Nous sentons les salariés plutôt attentistes avec la crise. La direction parlait d'un nouveau plan il y a six mois, mais il a été mis en sommeil aujour- d'hui », constate-t-il. Depuis son introduction en bourse en 2005, EDF permet à ses salariés de devenir actionnaires du groupe. « La première cession a eu lieu en novembre 2005 : 128.000 salariés et anciens salariés sont devenus actionnaires » explique Camille Planchet, le président de l'association des actionnaires salariés de l'entreprise. Le système séduit par ses avantages : la direction abonde les titres achetés par les employés, à un prix généralement inférieur de 20 % au cours réel. Les actions sont ensuite placées sur un plan d'épargne entreprise (PEE), avec des frais de gestion pris en charge par la société. « Il faut cependant conserver ses titres durant cinq ans », nuance-t-il. 70.000 salariés ont souscrit à une seconde cession en septembre 2008. « En général, les gens attendent que le cours remonte. Les salariés ne semblent pas inquiets », constate cet employé toulousain du groupe.

Scepticisme

Mais pour le sociologue Henri Vacquin, l'avenir paraît plus sombre. « Les entreprises ont créé des plans d'épargne pour compenser les limites des augmentations de salaire. Cet actionnariat était perçu comme une caisse d'épargne sécurisée, pour la retraite notamment », explique-t-il. « Avant, le seul exemple de chute d'action était France Telecom. Aujourd'hui, les actionnaires salariés subissent la déroute boursière autant que les autres. » Pour lui, le discours des dirigeants et des politiques sur le sujet va désormais se heurter au scepticisme des salariés.

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