22 septembre 2009
En octobre, le Crédit agricole et le Crédit mutuel- Arkea vont lancer leurs propres banques en ligne. Plus besoin d'aller à l'agence, toutes les opérations vont se faire sur l'écran du net. Un marché en plein essor que les mutualistes veulent occuper.
Pas question pour les deux banques mutualistes de se laisser distancer par des concurrents qui ont déjà pris place sur un marché particulièrement prisé des jeunes générations. C'est notamment le cas de Boursorama, filiale de la Société générale, la plus connue, et d'ING Direct, filiale de la banque néerlandaise, son principal concurrent. Des filiales bancaires de groupes d'assurance sont également sur les rangs. La concurrence va être rude.
Une clientèle jeune et citadine
Le Crédit agricole entretient le plus grand mystère autour du sujet. Un secret de polichinelle en fait puisqu'une conférence de presse est prévue le 1eroctobre sur... le lancement de sa banque en ligne. «Internet est entré dans les moeurs, 40% de nos clients l'utilisent pour accéder à la banque, parallèlement à l'agence et au téléphone», indique-t-on à la Fédération nationale du Crédit agricole, qui «s'engage sur un marché porteur». La nouvelle société d'épargne en ligne, filiale de la banque verte, portera un autre nom. Les Caisses régionales seront majoritaires dans le capital. C'est aussi à la mi-octobre que le Crédit mutuel Arkea va lancer sa banque en ligne en France. Il vise d'abord les 120.000 clients de sa filiale de placement en ligne Fortuneo. «Nous espérons capter une nouvelle clientèle, jeune et citadine», explique Ronan Le Moal, directeur général d'Arkea.
«Comparer les tarifs»
Boursorama voit plutôt dans cette nouvelle concurrence une saine émulation. «L'arrivée de ces deux gros acteurs valide en fait notre stratégie de l'offre bancaire alternative», explique le service communication de Boursorama. «Les gens pourront comparer les tarifs entre les banques, nous pensons que nous sommes plutôt bien placés». Et d'expliquer que pour ses clients, l'ouverture d'un compte en ligne est gratuite, que le changement de banque ne pose pas de problème. Une fois le compte ouvert et le mandat complet, Boursorama effectue toutes les démarches auprès des organismes, tant pour les prélèvements (téléphone, EDF, impôts...) que pour les virements (salaire, mutuelle...). «Si le transfert de compte occasionne des frais de la part de l'autre banque, nous nous engageons à les rembourser au nouveau client à hauteur de 150euros». Une stratégie offensive qui semble payante : depuis 2006, le nombre de comptes courants est passé de 56.000 à 90.000 chez Boursorama, qui affirme en ouvrir plus de 2.000 chaque mois.
«Nous espérons capter une nouvelle clientèle, jeune et citadine.»
