30 juin 2009
Profiter de la crise pour faire un achat immobilier... Le moment est peut-être venu d'acquérir un logement estiment les experts. Car depuis plus de six mois, les taux des crédits ne cessent de diminuer.
Le dernier baromètre du courtier en ligne Empruntis indique que les taux des crédits habitat sur 20 ans dans l'Ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie) sont en net repli. A l'échelon national, les taux retrouvent ainsi leur niveau de mai2007 et de mai2004, observent les spécialistes de Meilleurtaux. «Les ménages qui avaient été exclus du marché par la hausse des taux sont à nouveau solvables, et ce, sans prendre en compte l'effet de la baisse des prix», constate-t-on chez Empruntis. Autrement dit, si votre banquier a refusé votre dossier de demande de prêt fin 2008, il y a de grandes chances qu'il l'accepte aujourd'hui. D'autant que cette situation risque de ne pas perdurer. Plusieurs signaux annoncent une hausse du prix des crédits: «Les taux des OAT (obligations assimilables du Trésor), référence utilisée pour fixer ceux des prêts immobiliers, sont remontés significativement depuis janvier et les investisseurs sont inquiets de la montée des déficits publics et du retour possible de l'inflation», explique Cyril Blesson. Le chef économiste de la société de conseils en investissements financiers Seeds Finance ne croît cependant pas à une remontée des taux avant fin 2009. Les incitations fiscales du plan de relance peuvent aussi jouer: pass foncier et doublement du prêt à taux zéro, loi Scellier...
Position de force
Cependant, d'autres indicateurs incitent à la prudence: les prix des biens restent deux fois supérieurs à ceux de 1997 et la recrudescence du chômage (un million de chômeurs en plus en 2009 selon les prévisions) fait que les conditions d'octroi des prêts ne vont pas s'améliorer. De surcroît, la diminution des prix des biens anciens devrait s'amplifier. Seeds Finance table notamment sur un recul de 12%, après une baisse de 9,9% en 2008. «En raison des nouvelles problématiques énergétiques, les prix du neuf tendent à augmenter, alors que l'ancien baisse, surtout si les logements sont énergivores», note Thierry Kervern, du Crédit mutuel Arkea. Seule une chose est sûre: les acheteurs sont en position de force pour imposer leurs conditions aux vendeurs.
