9 novembre 2009
L'industrie automobile européenne et américaine se porte mieux. Mais les effets des primes à la casse, qui soutiennent les marchés, vont s'estomper dans les mois à venir.
La France, l'Allemagne et l'Espagne ont enregistré des bonds de plus de 20% des immatriculations le mois dernier et la Grande-Bretagne de plus de 30%, la hausse la plus forte depuis le début de l'année. Le Japon et l'Italie ne sont pas en reste. Aux Etats-Unis, Ford a réalisé au troisième trimestre ses meilleures ventes depuis quatre ans, tandis que General Motors a justifié sa volte-face sur Opel, qu'il a décidé finalement de garder dans son giron, par une amélioration de la situation en Europe.
Incitations à l'achat
Ce rebond est logique : l'automne 2008 avait été particulièrement mauvais et la comparaison joue en faveur de l'automne 2009. Surtout, les marchés sont dopés depuis plusieurs mois par des mesures d'incitation à l'achat, comme les primes à la casse. Cet effet joue à plein depuis le début de l'année pour l'Allemagne ou la France, depuis moins longtemps en Espagne ou en Italie qui ont adopté la prime à la casse plus tard. Ce coup de pouce devrait se prolonger dans les mois à venir, même dans les pays où les primes ont été épuisées ou vont diminuer, car des véhicules commandés cet été peuvent être livrés plusieurs mois plus tard.
Un creux à venir
Mais les ristournes accordées aux automobilistes ne vont pas porter éternellement les marchés, avertissent les analystes. Bertrand Rakoto, analyste du cabinet d'études Polk France, table sur une fin d'année et un premier trimestre 2010 plutôt positifs, puis de nouveau un creux avant un rebond attendu au quatrième trimestre. Son homologue de Xerfi, Guillaume Mouren, est plus négatif. «Dès que les primes à la casse vont disparaître, on peut s'attendre à une rechute des marchés». Pour lui, les ménages ont été fortement incités à remplacer leurs voitures cette année et ils vont ensuite consacrer leur argent à d'autres dépenses. Certains constructeurs pourront compenser partiellement ce recul par la reprise sur les marchés émergents. Le numéro un européen Volkswagen, très bien implanté en Chine, compte ainsi sur la reprise observée dans ce pays et au Brésil pour faire mieux que les autres constructeurs cette année.
