7 novembre 2009
Les assises régionales de la pêche réunissaient les représentants de la filière, hier à Quimper. L'occasion pour la Bretagne de faire ses propositions sur la réforme de politique commune des pêches.
La présentation du livre vert sur l'avenir de la pêche avait soulevé une série de réactions au printemps dernier. Des inquiétudes sur la réforme de la politique commune des pêches à l'origine des Assises de la pêche. Lancées le 5octobre par Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, elles sont actuellement déclinées dans les régions. Hier, à Quimper, représentants de la filière, des services de l'État et ONG environnementalistes étaient réunis pour établir leurs propositions dans un contexte tendu, tant en matière de marchés que de pression des environnementalistes. Une première étape, pour André Le Berre, le président du comité régional des pêches.
Quels sont les enjeux pour la pêche bretonne?
«Environnement, encadrement, gouvernance, marchés... Tous les sujets sont importants. Chaque région a sa façon de travailler et, peut-être, des idées différentes sur ces sujets. C'est important que le ministre en tienne compte. Mon regret est que le volet social ne soit pas abordé. En France, la main-d'oeuvre extra-communautaire est limitée à deux marins qui doivent bénéficier des mêmes conditions sociales que les pêcheurs français. C'est loin d'être le cas de tous les pays européens. Sur le marché du crabe, cela se traduit par des prix du simple au double: 1,65 EUR en France contre 0,80 EUR en Irlande».
Ne s'agit-il pas d'un Grenelle de la mer bis?
«Il y a eu un manque de concertation lors du Grenelle de la mer où il y avait bien quelques représentants de la pêche. Mais ils ne représentaient pas l'avis général de la profession. Cette fois, les choses sont différentes. Ce la donne la possibilité aux pêcheurs de s'exprimer sur la PCP des dix dernières années et sur ce qu'ils attendent de la politique européenne pour les années à venir.»
L'urgence n'est-elle pas d'abord à boucler le plan Barnier?
«Le plan est en partie en place. Mais, avec le temps, nous avons la crainte d'une remise en question des mesures. Tant pour la pêche que pour l'agriculture, notre ministre apparaît volontaire. On est là pour faire des propositions. Aboutir à ce que notre vision des choses soit retenue en plus haut lieu, devrait permettre de débloquer la situation, notamment sur les contrats bleus. Une gouvernance au plus près des acteurs de terrain doit permettre de valoriser les bonnes pratiques.
Les 25 et 26décembre, les tables rondes nationales conduiront à une synthèse des assises en région, thème par thème. Des réflexions dont le ministre de la Pêche, Bruno Le Maire, fera une restitution, le 1erdécembre, à l'occasion des Assises de l'économie de la mer organisées à Brest. Le mémorandum français sera transmis à la Commission européenne avant la fin de l'année.
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