8 mai 2009
Le déclin des abeilles aux Etats-Unis et en Europe, attribué à des parasites et plus récemment à des disparitions inexpliquées, brutales et massives, ne doit cacher le phénomène: on manque de ruches! C'est le constat établi par une étude qui vient d'être publiée dans la revue américaine Current Biology. L'analyse des statistiques de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) portant sur l'évolution du nombre de ruches commerciales, indique que le stock mondial a augmenté de 45% ces cinquante dernières années. Cette augmentation a surtout résulté de l'accroissement de la demande de miel par une population humaine de plus en plus nombreuse et non pas d'un besoin accru de pollinisation. Marcelo Aizen, un entomologiste de l'Universidad Nacional del Comahue en Argentine, co-auteur de l'étude, relève que la plupart des grandes productions agricoles comme le blé ou le riz ne dépendent pas de la pollinisation.
De plus en plus de fruits
Mais la mauvaise nouvelle est que la demande pour des récoltes comme des fruits et des noix dépendant de ces abeilles et autres insectes pour se reproduire a plus que triplé depuis un demi-siècle laissant penser que la capacité mondiale de pollinisation pourrait être insuffisante. Ces récoltes comprennent des produits agricoles dits de «luxe» devenus très communs dans tous les supermarchés comme les prunes, les framboises, les cerises, les mangues, ou les noix de cajou.
Destruction d'habitats
Bien que la principale cause de l'accélération de la production de cultures dépendantes de la pollinisation semble être économique et non biologique, leur rapide expansion pourrait créer des problèmes en accélérant la destruction d'habitats où se trouvent des milliers d'espèces d'insectes sauvages jouant un rôle important pour la pollinisation. La conséquence pourrait être une chute de la production des récoltes. «La baisse de rendement des cultures dépendant de la pollinisation pourrait certainement entraîner une hausse de leurs prix sur le marché ce qui constituerait un encouragement de plus pour les cultiver provoquant davantage de destruction de l'habitat naturel», observe Marcelo Aizen.

23 mai 2012

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