4 mai 2012
Un président. Deux programmes. Le choc des moyens. Alors que l'endettement prend le cap des 1.800 milliards, sa réduction est décrétée priorité économique pour nos deux finalistes.
Hausses d'impôts en vue
Objectif commun : 3% de déficits fin 2013, conforme aux engagements européens. Équilibre des comptes, en 2016 pour Nicolas Sarkozy. 2017 pour François Hollande. À cette fin, le président-candidat veut contenir à 0,4% l'an la progression en volume de la dépense publique. Possible, au prix d'un rude effort sur la durée. Le leader socialiste s'en tient à 1%. Sarkozy opte pour la règle d'or et table sur 40milliards d'économies de fonctionnement et d'intervention. Il compte stabiliser la contribution à l'Europe (troismilliards espérés) et prévoit un tour de vis de 13milliards sur l'assurance-maladie, notamment. Ses baisses d'impôts (allègements de charges sur bas salaires et seniors) sont évaluées à 5,5milliards. Côté recettes, la taxation des revenus du capital et des transactions financières doit générer 12,2milliards. Pour sa part, Hollande rejette la règle d'or, limite à 4,5milliards son plan d'économies et table sur 44milliards de recettes. Ses propositions (emplois d'avenir...) sont estimées à 15milliards. Quel que soit le vainqueur, les hausses d'impôts sont inévitables. Le socialiste veut relever l'ISF, ramener à 100.000 euros par enfant l'abattement successions; établir une tranche de 45% au-delà de 150.000 euros de revenus et de 75% au-dessus d'un million; plafonner les niches à 10.000 euros par contribuable. Fusionner à terme CSG et impôt sur le revenu. Sarkozy exclut de toucher au barème de l'IR mais raboterait les niches et accroîtrait la CSG sur les dividendes. Imposerait les exilés fiscaux. Il prône un impôt minimum sur les bénéfices des entreprises et une baisse des cotisations patronales financée par la TVA à 21,2%. Hollande récuse la TVA sociale et modulerait l'imposition des bénéfices de 15% pour les TPE à 35% pour les grandes entreprises.
Une inconnue : la croissance
Pour l'Institut Montaigne, le chiffrage Sarkozy a le mérite de nommer les économies, ce qui n'est pas le cas de son adversaire. Àl'inverse, les recettes nouvelles ciblées par Hollande sont jugées «crédibles» et le chiffrage plutôt sincère. Sarkozy, lui, tendrait à surévaluer économies et prévisions de recettes. De fait, leurs programmes pèchent sur l'inconnue croissance. Le député de Corrèze l'espère à plus de 2%. Très optimiste. L'hôte de l'Élysée à 2%. Plus raisonnable. Si les voiles faseyent, ambitions et promesses seront à l'eau.
9 mars 2013 à 07h01 - 6 réaction(s)
20 février 2013 à 06h33
12 février 2013 - 1 réaction(s)