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Analyse. Modeste mais porteur d'avenir

30 septembre 2009

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Toute initiative visant à élargir l'entrée des jeunes dans la vie active est salutaire. Le plan présenté hier par le président de la République est modeste. Il comporte des risques d'effets pervers. Mais il peut devenir porteur d'avenir s'il est justifié par une réforme radicale de la formation.

La modestie du plan de lutte contre la précarité des jeunes s'explique par la paralysie budgétaire qui étrique les ambitions de l'Etat. Ce qui aurait pu être un large portail devient une étroite passerelle. Mais, d'une part, les mornes perspectives d'embauches ne se prêtent guère aux grandes impulsions financières et, d'autre part, l'expérimentation à petite échelle favorise les ajustements pragmatiques.

Enfin, l'humilité oblige le pouvoir à agrémenter ses maigres engagements de signaux intéressants comme l'octroi aux apprentis du bénéfice des droits attachés à la carte d'étudiant. Il n'y a rien de plus urgent, compte tenu de la situation de l'emploi des jeunes en France, que de valoriser l'apprentissage. C'est une réponse généralement probante au manque d'expérience trop souvent opposé aux jeunes en quête d'emploi.

Les possibles effets pervers sont de deux ordres. Malgré la dimension incitative du RSA, certains jeunes pourraient être tentés de transformer son extension en une opportunité d'assistanat. Compte tenu des conditions drastiques envisagées, ils seront moins nombreux que les employeurs à l'affût des effets d'aubaine. Dans l'état de compétitivité de l'économie française, il y a moins de risques de voir proliférer de «jeunes fainéants» que d'assister à l'accroissement du nombre de travailleurs pauvres.

Car le vrai problème étant celui de la qualification - liée à la recherche et à l'innovation -, le plan d'Avignon n'aura de sens que s'il est complété par une transformation profonde du système d'enseignement et de formation professionnelle. En tant qu'investissement stratégique pour les lendemains de crise, la formation devrait figurer en bonne place parmi les objectifs du grand emprunt national. C'est alors que le modeste plan contre la précarité des jeunes trouverait une vraie cohérence.

  • Alain Joannès
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