18 septembre 2009
Près de 500 hommes et femmes armés de pelles et de pioches, creusant la plage pour déterrer un câble transatlantique. C'est l'action symbolique menée hier à Lannion par les salariés d'Alcatel-Lucent.
Les Trégorrois venus faire leur marché hebdomadaire, hier matin à Lannion, ont été pris en tenaille dans une gigantesque et tonitruante opération escargot. Celle, menée par quelque 500 salariés d'Alcatel-Lucent à l'heure où se jouaient leurs emplois à Paris: 201 suppressions sont annoncées dans le groupe à Lannion dont 99 «externalisations». Ils avaient rendez-vous dès potron-minet, pour une destination tenue secrète. «Amenez vos pelles, pioches et bottes en caoutchouc», leur avaient simplement demandé leurs élus syndicaux.
Des réseaux très fragiles
Après avoir formé un bouchon en boucle dans tout le centre-ville, le cortège a pris la direction des plages de Beg-Léguer. Objectif: déterrer Apollo ou son petit frère Hugo: deux câbles sous-marins en fibre optique reliant l'Europe, l'un aux États-Unis, le second à Guernesey et l'Angleterre. Des câbles Alcatel bien sûr. «Le message qu'on veut faire passer à la direction d'Alcatel-Lucent et aux pouvoirs publics, c'est: regardez, les réseaux de transmission des télécommunications sont fragiles. Il ne faut pas se débarrasser de nos compétences et de nos technologies, il en va de la sécurité des données», expliquaient Gilles Le Dissez (CFDT) et Christian Méheust (CGT).
Ce matin, rassemblement devant RFS
Quatre heures durant, les ingénieurs et techniciens d'Alcatel-Lucent ont offert aux caméras de télévision, dans une ambiance bon enfant, cette image insolite de creuseurs de tranchées. Et bien qu'Apollo, au final, ait échappé à leur quadrillage, les salariés de Lannion ont réussi à faire parler d'eux. Leur refus des licenciements, discutés ces jours-ci en comité central d'entreprise, s'est inscrit en lettres géantes dans le sable (ci-dessus). Sur la plage, ils ont formé un grand slogan humain et réclamé «de nouvelles activités» pour Lannion. Ce matin, les salariés d'Alcatel ont de nouveau rendez-vous. Pour soutenir leurs collègues de RFS, filiale dont les 53 emplois de production sont sur la sellette et dont le sort se jouera, lui aussi en
