6 avril 2010
En Bretagne, l'industrie agroalimentaire, poids lourd de l'économie régionale, réalise plus de 20% de son chiffre d'affaires dans la restauration hors domicile (RHD). C'est son second débouché après celui de la grande distribution. Après avoir connu le creux de la vague pendant la crise, le marché de la RHD devrait reprendre des couleurs en 2012. Plusieurs entreprises bretonnes se sont positionnées sur ce secteur d'activité. L'éventail de la restauration hors domicile est large. Il va de la maternité à la maison de retraite, en passant par la restauration commerciale et collective, traditionnelle ou rapide, les entreprises, les hôpitaux, les écoles, l'administration, les trains, les avions... L'industriel morbihannais Michel Houdebine, spécialisé dans les plats préparés, réalise 70% de son chiffre d'affaires dans la RHD. Ses produits sont présents notamment dans les plateaux-repas des grandes compagnies aériennes comme Air France, KLM, American Airlines...
Un repas sur six
«La RHD est un marché qui prend de plus en plus d'importance au fil de l'évolution de la société. La marge de progression est importante», indique-t-il. En France, un repas sur six est pris à l'extérieur contre un sur trois en Grande-Bretagne et un sur deux aux Etats-Unis. Même s'il est peu probable que la France s'aligne sur le modèle anglo-saxon, la part des repas pris en dehors du domicile progressera dans les années à venir. Selon l'étude prospective de Precepta (groupe Xerfi), après les baisses de 1,5% en 2008 et de 3% en 2009, notamment dans la restauration commerciale, le marché devrait redémarrer doucement en 2011 et connaître une hausse de 2,5% en 2012. Comme sur le marché de la grande distribution, les industriels sont confrontés à la concentration des groupes de restauration et des grossistes. Isabelle Senand, directrice d'études chez Precepta, avance trois défis majeurs pour l'industrie agroalimentaire: investir dans l'innovation pour répondre aux nouvelles tendances de la consommation, adapter ses offres au pouvoir d'achat en baisse des consommateurs, et aussi composer avec des centrales et des groupes d'achat de plus en plus puissants.
De Glon à Bigard
La restauration hors domicile reste l'un des axes de développement de l'agroalimentaire breton: elle représente 36% du chiffre d'affaires d'Ovoteam, la filiale d'ovoproduits (jaune d'oeufs, oeufs durs, omelettes...) du groupe Glon, 20% de celui de Gelagri-Bretagne, la filiale de légumes surgelés de Coopagri-Bretagne, 10% de celui des produits laitiers frais du groupe Laïta, 10% de celui du groupe Bigard, spécialiste de la viande, 10% de celui de la Sill (lait, potages, jus de fruit). «Certes, on ne retrouvera plus le taux de croissance annuel de 6% que connaissait la restauration commerciale à la fin des années 90», estime Isabelle Senand. «Mais le marché de la RHD va continuer à se développer». De bon augure pour l'industrie bretonne.

23 mai 2012

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