17 septembre 2009
Les crises n'épargnent pas l'industrie agroalimentaire. Selon la FGA-CFDT, la Bretagne aurait perdu 4.000 actifs en 18 mois dont 2.500 intérimaires.
«On comprend que le monde agricole soit agité. Mais les salariés aussi paient cash les pots cassés. Ce sont des CDD qu'on ne renouvelle pas, des retraités qu'on ne remplace pas. Et il y a surtout les intérimaires qui trinquent. En quelques mois, il y en a 2.500 qui ont disparu du paysage. On ne sait pas où ils sont passés et personne n'a pleuré», s'exclame Jo Pennors du bureau régional de la FGA-CFDT. Ce syndicat estime que l'industrie agroalimentaire et tous les services en contact direct avec les agriculteurs (chambres d'agriculture, centres de comptabilité, contrôle laitier...) ont vu filer 4 à 6% de leurs emplois salariés en l'espace de 18 mois. Pas moins de 4.000 emplois au total sur 70.000 salariés se seraient évaporés. Cela dans l'indifférence générale ou presque.
L'aliment un bon baromètre
Pour réaliser cette estimation, la CFDT se base sur les dernières statistiques de l'AFAB (association des fabricants d'aliments du bétail) qui fait état d'une baisse de 7% en volume depuis un an et de 8% sur les huit premiers mois de l'année 2009. 700.000 tonnes d'aliments en moins, c'est la production de trois usines. «L'alimentation animale, c'est un bon baromètre car moins d'animaux à nourrir, cela veut dire moins d'animaux à abattre, moins de produits à transformer. Ce sont des abattoirs ou des fromageries qui tournent au ralenti» souligne Hervé Thiboult, élu CFDT à la chambre d'agriculture du Morbihan. Selon la CFDT, les salariés font aussi les frais des restructurations et des rapprochements entre entreprises, en particulier dans le secteur porcin. «Il y a des licenciements qui se font en douce», constate Alain Legros, responsable régional.
«Comment reclasser?»
Le problème, selon la CFDT, est le reclassement de toutes ces personnes qui ont perdu leur emploi. «En Bretagne, un tiers des emplois est dans l'agroalimentaire. Si cette machine-là s'écroule, quelle reconversion pour tous ces salariés? Il n'y a pas de secteur porteur pour les gens manuels. Le problème, c'est que l'on ne les a pas préparés à faire un autre métier. La formation a été oubliée», se désole la CFDT.
