15 avril 2008
A la veille de la publication d'un rapport de l'Unesco sur l'agriculture mondiale, de nombreuses voix se sont élevées hier pour replacer l'agriculture au centre du défi alimentaire.
« Agriculture mondiale : il y a urgence » : le titre du rapport international qui doit être présenté aujourd'hui à l'Unesco est sans équivoque. « Le statu quo n'est plus une option » car si la recherche agricole a « permis d'améliorer considérablement la productivité depuis une cinquantaine d'années », les bénéfices de ces progrès « ont été très inégalement partagés », estiment les auteurs du rapport. Dans un contexte marqué par la flambée des prix, (+ 87 % et 130 % en un an pour le soja et le blé), et de réserves mondiales à leur plus bas niveau, le rapport souligne « l'urgence de changer les règles qui régissent l'agriculture moderne ».
« Plus et mieux »
A l'échelle européenne, la France, par la voix de son ministre de l'Agriculture, a exhorté hier l ' Union européenne (UE) à tout faire pour rester une puissance agricole forte , notamment en redoublant de fermeté à l ' OMC . M ichel Barnier a ainsi propos é que l ' UE produise « plus et mieux ». Une manière de répondre à ceux qui, comme la Grande-Bretagne, prônent une baisse des subventions agricoles de l ' UE, alors que les 27 sont en train d ' établir un « bilan de santé » de leur Politique agricole commune (PAC).
La France entend lancer dès sa présidence de l ' UE au second semestre la discussion sur la place de l ' agriculture dans la politique européenne, en vue du débat difficile à venir sur son budget après 2013.
La France solidaire
Nicolas Sarkozy devrait d'ailleurs faire « des annonces » dans les tout « prochains jours », selon Xavier Darcos, ministre de l'Education et ancien ministre de la Coopération. « Il faut à tout prix que la France reste très solidaire vis-à-vis des pays en voie de développement, des pays qui ont des difficultés », a-t-il assuré hier, à propos des émeutes de la faim qui ont notamment touché l'Egypte, Haïti ou encore le Sénégal et les Philippines.
« Crime
contre l'humanité »
La France milite aussi pour encadrer strictement le développement des biocarburants afin qu ' ils ne prennent pas la place des cultures alimentaires. Une position partagée par Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, pour qui la production massive de biocarburants est aujourd'hui « un crime contre l'humanité » du fait de son impact sur l'envolée des prix alimentaires mondiaux.
16 mai 2012 à 10h12
16 mai 2012

16 mai 2012

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