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Agriculture. Comment être «écologiquement intensif»

22 juin 2011 - 9 réactions

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L'agriculture «écologiquement intensive» défend un équilibre entre haut niveau de rentabilité et respect de l'environnement. Les Côtes-d'Armor sont à la pointe de ce nouveau concept rural.

En accolant deux termes a priori antinomiques, les défenseurs de l'agriculture «écologiquement intensive» ont-ils voulu brouiller les cartes en jouant sur la sémantique? On peut s'interroger. D'autant qu'un grand groupe comme Terrena s'est fait le promoteur du nouveau concept, après la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor. En tout cas, mieux vaut lever d'emblée une ambiguïté: l'agriculture écologiquement intensive (AEI) n'est pas l'agriculture bio. Ce n'est pas un label. C'est une démarche: «On ne renonce ni aux engrais, ni aux insecticides, ni aux OGM», expliquent les élus et techniciens de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor. En revanche, «si on peut s'en dispenser en utilisant des techniques alternatives et si on peut réduire les doses, c'est mieux. Mieux pour l'environnement et pour les coûts». Parler d'AEI, c'est surtout pour les nouvelles générations de paysans une manière de tourner la page et d'abandonner le fameux «modèle agricole breton» d'hier. Un système intensif où les gains de productivité se faisaient généralement au détriment de l'environnement.

Exprimer le potentiel génétique

Philippe Heurtel* est de ceux qui se revendiquent de l'AEI. Située à Lantic dans les Côtes-d'Armor, son exploitation (58 hectares) compte quarante vaches laitières Prim'Holstein. Le quadragénaire est un passionné dont l'objectif est de faire plus et mieux. «J'ai été technicien en génétique au début de ma vie professionnelle. Pour moi, c'est important de faire un maximum de lait par vache. Il faut exprimer le potentiel génétique des animaux. Je me suis aussi penché sur l'alimentation. Il faut de la nourriture de qualité, à volonté et bien adaptée aux ruminants». Mais nourriture à volonté ne signifie pas que Philippe Heurtel soit indifférent aux coûts. «Pour compléter l'herbe et la luzerne que je produis, je passe des contrats avec mon fournisseur de tourteaux de soja. Ça me permet de payer moins cher. Et si l'OGM est moins cher, j'en prends». Le quadragénaire ne s'en cache pas: il veut «un revenu correct, pour bien vivre et investir dans l'organisation afin de gagner du temps pour réfléchirà de nouvelles innovations».

En plein sur le bassin algues vertes

À 6km de Binic, en plein sur le bassin-versant «algues vertes», comment Philippe Heurtel vit-il sa relation à l'environnement? «Bien. Pas comme une contrainte mais comme un défi technique». Depuis quelques années, il répartit mieux les déjections animales. Il a drastiquement réduit l'utilisation de l'engrais minéral. «Conséquence: en blé, les rendements ont baissé de vingt quintaux de l'hectare. Il faut plus d'hectares pour nourrir les bovins en maïs-ensilage et en herbe. Au niveau phytosanitaire on est très bas, idem dans la gestion des engrais...». Quand on l'interroge sur la disparition à terme des algues vertes, il répond: «On ne pourra pas aller bien plus loin dans nos efforts. Il faudra des années pour que ça évolue. Les produits comme le phosphore sont accumulés dans les sédiments...».

*Portes ouvertes aujourd'hui chez Philippe Heurtel, organisées par la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor. Renseignements: www.aile.asso.fr/po-22

  • Flore Limantour
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9 réactions

  • Distribil
    OUI, tout interdire !
    Eliminer fongicides, insecticides, OGM...et autres (?) c'est en effet une solution radicale : C'est pourtant bien la solution que j'ai choisi en me fournissant dans les amaps et il y a tellement de surplus que j'en donne à mes voisins !
    Ajouté le 22 juin 2011 à 23h18
  • LG
    Interdire les pesticides et autres
    Il faut interdire les pesticides, fongicides, herbicides et autres! Pour simplement respecter la vie! Chaque utilisateur de ces produits répand la maladie et la mort. Interdire un point, c'est tout! Ou alors les tribunaux devront juger ces criminels...
    Ajouté le 22 juin 2011 à 17h02
  • Kalao
    Intensif, hauts rendements, OGM ! OXYMORE
    Halte là! totalement incompatible! "Nourriture de qualité" ne veut rien dire! "adaptée aux animaux" encore heureux! mais encore! oui à "l'OGM s'il est moins cher"! priorité au profit face à l'environnement et la santé! Le consommateur ne veut plus de vos productions mercantiles, il veut de la qualité de la traçabilité, de la transparence,. du respect de l'environnement, des animaux, de la santé mise en danger par toutes vos pratiques, vos manipulations de toutes sortes! Fort de ça, gardez votre agriculture intensive, non écologique! Cesser de nous leurrer! Vive les petits jardins collectifs, conviviaux, aux produits sains ! à développer le plus possible!
    Ajouté le 22 juin 2011 à 14h39
  • dani...
    détournement!
    L'agriculture écologiquement intensive veut dire produire le plus possible en respectant les règles agronomiques et écologiques, selon son fondateur Michel Griffon. Ce n'est pas ce qui transparaît dans les propos de Philippe Hurtel ou des élus de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. La démarche de Terrena est à peine plus convaincante! Nous assistons à un véritable détournement des mots, et ça ressemble plus à une arnaque de gens qui sont dans la logique du toujours plus! Ne boudons cependant pas notre plaisir de voir que quelques uns redécouvrent un peu l'agronomie et qu'on peut gagner plus en produisant moins parce qu'on dépense moins. Le jour où ils comprendront que le raisonnement doit aussi s'appliquer aux biens communs que sont l'eau, les sols et l'air, ce sera formidable!
    Ajouté le 22 juin 2011 à 10h44
  • arri...
    Les mots de tous les maux
    Il y a des mots qui font mal: "écologiquement intensifs" et plus loin OGM. Tout cet usage de mots tend à montrer que la langue de bois est une nouvelle pratique.
    Ajouté le 22 juin 2011 à 10h52
  • Patrice22
    Quoi de neuf ?
    Mais où voyez-vous donc un « nouveau concept rural » là-dedans ? Que lit-on ici : « C'est une démarche: on ne renonce ni aux engrais ni aux insecticides ni aux OGM (...) si l'OGM est moins cher, j'en prends ». Tout est dit ! Ca a au moins le mérite de la franchise (plus que le titre de l'article). :-(
    Ajouté le 22 juin 2011 à 09h30
  • diogène 29
    oxymore
    Décidement, à l'instar des meilleurs publicitaires, dont le but ultime est de nous "fourguer" des produits, ou services dont nous n'avons nullement besoin, nos Agriculteurs (ou paysans, c'est selon le public auquel on s'adresse) ne reculent devant rien pour nous vendre leurs salades. Voici donc l'oxymore qui fait son entrée dans nos assiettes. Bientôt ils cultiveront des fleurs de réthorique. Il est vrai que les algues sont toujours plus vertes sur la plage du voisin.
    Ajouté le 22 juin 2011 à 06h20
  • yvon-22
    tout interdire!
    fongicides, insecticides...et autres (?) c'est en effet une solution radicale : on ne récoltera plus rien et l'on mourra de faim. Ou bien LG a-t-il le pouvoir d'interdire aussi les maladies des plantes et les insectes qui les dévorent.
    Ajouté le 22 juin 2011 à 17h37
  • yvon-22
    pour rebondir (ou faire bondir?)
    "Ecologiquement intensif" peut ressembler à un oxymore mais cela peut aussi se traduire par "raisonné" ou à "haute valeur environnementale" ou HVE qui va bientôt être officiellement reconnu et valorisé par le ministère chargé de l'agriculture. Ses principes ne sont pas dogmatiques comme souvent dans le Bio mais tout est fait pour préserver l'environnement sans renoncer totalement aux produits chimiques de synthèse quand on en a besoin et donc sans sacrifier les rendements. Dans l'exemple cité, je pense que le rendement du blé ne serait pas réduit de 20 quintaux/ ha, mais peut-être de 10 seulement, avec une meilleure fumure organique et un précédent de légumineuse (pour l'azote) dans la rotation. Quant aux algues vertes, il est vrai que pour le phosphore c'est trop tard car les fortes teneurs dans l'eau sont assurées pour longtemps, mais on ne peut quand même pas innocenter totalement les nitrates sur lesquels on peut encore agir !
    Ajouté le 22 juin 2011 à 11h27

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