13 juin 2008
Le ralentissement du marché fait souffrir les agences immobilières qui ont fleuri en France pendant les années d'euphorie.
Profitant d'une période faste avec des prix de l'immobilier qui explosaient un peu partout en France, les agences immobilières se sont multipliées au début des années 2000. Mais avec le net ralentissement du marché constaté depuis fin 2007 et la baisse du volume des transactions, elles sont en train de subir un retour de balancier.
« Des vocations opportunistes »
On est loin encore du scénario catastrophe vécu en Espagne en 2007 où quelque 40.000 petites agences ont fermé leurs portes. Mais, pour Bernard Cado, président d'Orpi, le premier réseau français, cette baisse du nombre de transactions pourrait se traduire par la disparition en France de 10 à 15 % des agences immobilières.
« Le boom de l'immobilier a suscité des vocations spontanées et opportunistes. Ce sont les acteurs qui sont arrivés sur le marché quand le contexte était porteur qui sont les plus fragiles », estime-t-il. Selon lui, la décrue va provoquer un réajustement. « Il y a trop d'agences immobilières. Le nombre de cartes professionnelles - le sésame pour devenir agent immobilier - a presque doublé ces dix dernières années, ce qui n'est évidemment pas le cas du nombre de transactions. »
Selon Bernard Cado, les agences immobilières qui appartiennent à des réseaux, sont sans doute mieux armées pour affronter ce repli des ventes, tout comme celles qui peuvent se prévaloir d'une forte notoriété et d'une solide expérience. « Nos métiers sont des métiers de proximité. L'expertise du marché immobilier local se noue au fil du temps. Le repli des ventes vient aujourd'hui de l'écart important entre la prétention des vendeurs et à la réalité du marché. Les professionnels sont en mesure de donner le juste prix. »
Pas de panique
en Bretagne
En Bretagne, dans l'ensemble, les professionnels relativisent l'impact de ce retournement du marché. « L'immobilier comme tous les autres secteurs connaît un ralentissement mais nous ne sommes pas dans une période de crise. Les fusions ou les rachats ont toujours existé », souligne Guillemette Melcher, présidente de la Fnaim Bretagne. « A Rennes, à ma connaissance, il n'y a que deux agences qui ont fermé. Et pour l'une d'entre elles, c'était encore pendant la période d'euphorie. L'autre était une agence secondaire. »
« Il y a beaucoup de rumeurs de disparitions mais il n'y a rien de concret. C'est sûr, certains d'entre nous souffrent mais il faut quand même rappeler que l'on vient de vivre quinze ans d'euphorie. Actuellement, c'est vrai les durées de négociations sont plus longues. Les acquéreurs sont moins pressés d'acheter mais on sent que les vendeurs sont en train de revenir à plus de réalisme et à se mettre davantage à la portée des acheteurs », explique un agent immobilier brestois.
16 mai 2012 à 10h12
16 mai 2012

16 mai 2012

16 mai 2012