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Vincent Bolloré. «L'innovation exige du temps»

16 juin 2009

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La semaine de l'innovation en Bretagne a été inaugurée hier par le nouveau partenariat Oseo-Conseil régional et par Vincent Bolloré dans le rôle du grand témoin.

Du haut de ses 7,4milliards de chiffre d'affaires (soit sept fois le budget de la région), le patron du groupe Bolloré n'a pas vraiment besoin d'un coup de pouce d'Oséo-Bretagne. Mais à ses débuts, quand il a repris voici 30 ans l'affaire familiale d'Ergué-Gabéric, alors qu'elle battait de l'aile, tous les soutiens étaient les bienvenus. Dès le départ, Vincent Bolloré a fait le pari de l'innovation pour sortir l'entreprise du marasme où le scotchaient ses produits dépassés comme le papier carbone ou à cigarette.

«Contrôle familial»

Il y a eu des réussites flamboyantes comme les sachets à thé ou les films à condensateur. «Il y a aussi des tas d'innovations où nous avons lamentablement échoué», reconnaît-il. «Nous avons rêvé d'être les rois de la peau de saucisson, ou les leaders mondiaux des jeux d'argent grâce à un papier inviolable». Et puis, il y a les innovations prometteuses mais qui tardent à naître, comme le Wimax, ou la radio-fréquence de lecture des codes-barres dans les hypermarchés... L'innovation-phare du moment, c'est la fameuse voiture électrique à batterie polymère-lithium, dont l'Italien Pininfarina va engager la fabrication «après 14 années de recherche et un milliard dépensé». Une aventure qui n'aurait pas été possible si l'entreprise avait ouvert son capital à des financiers. «J'aurais été viré depuis longtemps par les actionnaires», lance Vincent Bolloré en souriant. «C'est le contrôle familial qui nous a permis d'innover, parce que l'innovation exige du temps alors que les investisseurs n'en ont pas. On ne se méfie pas assez de la financiarisation. En bourse, ils reprennent leur mise au bout d'un an ou deux». Alors, quatorze ans...

Multiplier les activités

Autre leçon de Vincent Bolloré: «Au lieu de faire un seul métier, le groupe en fait dix, et ce sont les activités régulières comme le négoce de fioul ou la logistique qui financent les innovations: elles représentent 90% des 350millions de résultat du groupe».

  • Alain Le Bloas
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