9 avril 2008
Les dépenses sociales vont être revues à la baisse. Nicolas Sarkozy a annoncé, hier, vouloir faire cinq milliards d'euros d'économies supplémentaires à la Sécurité sociale. Le budget du Revenu de solidarité active devrait être moins élevé que prévu.
Délicate amputation
de la Sécurité sociale
Pour couper dans les dépenses de l'Etat, il suffit d'annuler tout ou partie des sept milliards de crédits qui sont gelés depuis janvier. Aux ministres de se débrouiller pour tenir leur budget, sans espoir de rallonge jusqu'à la fin de l'année.
Amputer les dépenses de la Sécurité sociale est une affaire beaucoup plus délicate. Il y a, depuis le 1 e r janvier, les franchises, plafonnées à 50 euros par an et par assuré, de 50 centimes par boîte de médicaments, de 50 centimes pour tous les actes paramédicaux et de deux euros sur tous les transports sanitaires. Ces franchises représentent 850 millions qui ne peuvent pas réduire le déficit puisqu'ils sont affectés au financement du plan Alzheimer et de la lutte contre le cancer. Mais ces 850 millions sont prélevés sur le niveau de vie des malades.
Il faut donc trouver d'autres économies pour combler le déficit de quatre milliards cette année de l'Assurance Maladie et celui de l'Assurance Vieillesse prévu à cinq milliards.
Trois réformes envisagées
Le gouvernement envisage trois actions : une réforme de la manière dont on rembourse certains soins, des économies sur le médicament et une réforme de la gestion de l'ensemble du système.
Pour éviter que cette nouvelle ponction sur le pouvoir d'achat des Français contredise le soutien affiché à la croissance par la demande intérieure, le gouvernement songe à des transferts de charges vers les mutuelles et les assurances pour les soins et vers les employeurs pour les arrêts maladie.
L'objectif est de récupérer plusieurs milliards sans faire exploser les cotisations aux assurances complémentaires.
Un RSA peut-être
moins ambitieux
La politique sociale devrait faire l'objet d'un réexamen en mai avec, entre autres révisions, un étalement de la généralisation du Revenu de Solidarité Active qui est expérimenté dans 34 départements et qui, étendu à l'ensemble du pays, coûterait trois à quatre milliards.
Son créateur, Martin Hirsch, a prévenu qu'il n'accepterait pas un RSA au rabais. A cette menace voilée de démission du haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Nicolas Sarkozy a répondu hier que le RSA « sera calibré en fonction de l'état des finances du pays. »
