letelegramme.com

 

Barack Obama. Le fédérateur

6 novembre 2008

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Imprimer cet article
  • Ajoutez cet article
  • Envoyez l'article à un ami

Le 44e président des Etats-Unis n'est pas uniquement le vainqueur d'une élection qui s'est jouée sur le bilan catastrophique des années Bush. Les Américains ont choisi un homme ayant déjà prouvé sa capacité à réconcilier des êtres que tout oppose.

Le magazine Time avait été le premier hebdomadaire à grand tirage à le mettre en Une dès le mois d'octobre 2006 avec ce titre : « Pourquoi Obama pourrait devenir le prochain Président ». Le signataire de l'article est Joe Klein, l'auteur de « Primary Colors », récit de l'ascension au pouvoir de Bill Clinton. Joe Klein a suivi toutes les campagnes électorales américaines depuis 40 ans et il a été le premier surpris par l'engouement des Américains qui se ruaient à l'époque dans les librairies pour acheter le livre que venait d'achever Obama : « L'audace d'espérer ». Joe Klein était bien entendu à Boston, deux ans plus tôt, lors de la Convention démocrate quand, tard dans la soirée, le fraîchement élu sénateur de l'Illinois était monté à la tribune pour évoquer « ces Etats ni républicains ni démocrates, ces électeurs ni conservateurs ni libéraux, ces citoyens ni noirs ni blancs mais ces Américains fiers d'être nés aux Etats-Unis tout court ». Dieu que c'était nouveau de voir un démocrate « noir » parler de la politique autrement qu'en termes communautaristes, sans dénigrer l'adversaire et en se référant à l'idéal de la Constitution américaine. 

Des idées parfois dérangeantes

Joe Klein avait retrouvé plus tard Obama et lui avait posé la question : voulez vous devenir président en 2008 ? L'élu de Chicago avait répondu « qu'il n'avait pas encore songé à assembler le puzzle ». C'était un demi-mensonge. David Axelrod, qui deviendra son stratège en chef pour la campagne présidentielle, le conseillait en ce sens depuis quelques années déjà. Barack Obama s'était senti frustré par son expérience de travailleur social dans le South Side de Chicago, déçu par son passage professionnel dans des grands cabinets d'avocat et il savait que la politique serait le meilleur moyen de « changer les choses ». Axelrod avait alors mis ses talents de consultant politique pour faire valoir aux électeurs de l'Illinois sa proximité avec les milieux les plus défavorisés, mais déjà également sa biographie métissée, à l'écoute du monde. Si bien qu'en 2006, ce n'était plus seulement « the fresh face », un nouveau visage que l'on découvrait, mais aussi un politicien aguerri qui s'était initié au travail parlementaire dans les travées du Sénat de Springfield et qui avait des idées neuves et parfois dérangeantes pour l'époque. C'est lui qui, en 2002, alors que l'invasion de l'Irak se tramait au Pentagone et à la Maison Blanche, avait surgi sur le podium d'une manifestation à Chicago pour dénoncer « non pas la guerre, parce qu'il y a des guerres justes, mais cette guerre-là parce qu'elle est idiote ». 

Pas de campagne sur « la couleur de peau »

En se lançant dans la course pour la Maison Blanche, Barack Obama et David Axelrod s'étaient promis qu'ils ne feraient pas campagne sur « la couleur de peau » du candidat, mais sur sa capacité à rassembler. Et pourtant, ils avaient tous deux noté que ce pari était en phase avec l'époque. Axelrod avait conseillé la campagne de Deval Patrick, premier Noir à postuler pour le siège de gouverneur du Massachusetts. Avec succès. L'élection et la réélection d'Arnold Schwartzenegger en Californie ne tenaient pas uniquement à l'indulgence d'un Etat démocrate pour un immigré autrichien devenu star d'Hollywood. En Louisiane, un militant républicain d'à peine 35 ans, dont les parents avaient quitté le Penjab dans les années 70, venait de se faire élire au Congrès et il allait devenir gouverneur lui aussi. Alors pourquoi pas Obama ? 

Le messager d'une Amérique qui a changé

Au total, le facteur racial dans cette élection n'aura joué qu'un rôle secondaire. Jamais autant de latinos, dont les relations avec la communauté noire étaient marquées par la méfiance et l'hostilité, n'auront voté pour un démocrate noir. Jamais autant de Blancs n'auront voté pour un homme qui incarne à ce point la mixité américaine. Et jamais autant de Noirs n'auront voté pour l'un des leurs, 40 ans après que leur droit de vote a été garanti par la Constitution. Les Américains n'ont pas seulement élu un homme chargé de remettre l'économie de la première puissance du monde debout, mais aussi le messager d'une Amérique qui a considérablement changé depuis le 11-Septembre 2001.

  • De notre correspondant à Washington, François Clemenceau
  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
S'abonner au RSS de cette rubrique
Exportez cet article
Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R