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Tour de France. Le Mével dans le top 5!

19 juillet 2009

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A huit jours de l'arrivée à Paris, le Lannionnais Christophe LeMével est cinquième du Tour de France.

Un Russe (Ivanov) a gagné l'étape, un Italien (Nocentini) est toujours Maillot Jaune mais c'est un Breton (Le Mével) qui attirait toute la presse française hier à Besançon. Noyé au milieu d'une forêt de caméras et de micros, le Lannionnais faisait preuve d'une rare lucidité: «Concrètement, j'aurais préféré gagner l'étape et être plus loin au classement général.»

Le sourire de la crémière

Il n'a eu ni le beurre (l'étape), ni l'argent du beurre (le maillot jaune) mais le sourire de la crémière était pour lui. On veut dire par là que tout le monde le félicitait pour son étape. «Aujourd'hui, je savais qu'il y avait quelque chose à tenter mais, malheureusement, Hincapie était avec nous», regrettait le coureur de la Française des Jeux. L'Américain, c'était l'empêcheur de pédaler en rond. Tout simplement parce que, des douze membres de l'échappée, il était le mieux placé au classement général: 28eà 5'25'' de Nocentini alors que Le Mével était 30e(à 6'03''). «Il avait trop peur que je lui pique ses 38 secondes. Alors, il me marquait de près», insistait le vainqueur d'étape dans le Tour d'Italie 2005. On l'a constaté dans la dernière difficulté avant Besançon. Le Mével a attaqué et l'Américain est allé le chercher. Leur tête-à-tête a été bref. Suffisant toutefois pour que le Lannionnais rêve un peu: «Lui, il aurait eu le maillot jaune, moi l'étape. Mais nous ne nous sommes pas bien entendus.»

Tournant décisif

En fait, aucun des deux n'a été récompensé. Si les Astana voyaient d'un bon oeil Hincapie, l'ami d'Armstrong, devenir leader, ce n'était pas le cas des AG2R qui ont réussi à sauver sur le fil (cinq secondes) la tunique de Nocentini. Le Mével n'a pas toutefois tout perdu. Le voilà 5edu Tour de France (juste derrière Armstrong...) avant l'attaque des Alpes. «Dès demain, c'est Verbier et je vais essayer de bien m'accrocher. Surout que lundi, c'est la journée de repos. Est-ce que j'ai laissé trop de plumes aujourd'hui? Je le saurai très vite. » Ce dimanche risque donc d'être un tournant décisif pour Le Mével qui peut viser une place dans les 20 premiers à Paris, voire mieux (les 15?) ou beaucoup mieux (les 10?).

Dans la cour des grands

«Cette année, en terminant 10ede Paris-Nice et du Dauphiné et 12edu Tour de Catalogne, j'ai prouvé que j'étais un coureur par étapes. Mais, un grand Tour, c'est autre chose. On peut avoir un jour sans.» Le Costarmoricain (qui se partage entre Trédrez-Locquémeau et Saint-Laurent-du-Var, près de Nice) est prudent mais, aussi, très ambitieux. Il a prouvé dans ses trois Tours de France qu'il était toujours très fort en troisième semaine (en 2007, il se serait sans doute classé premier Français sans sa fracture de la clavicule) alors qu'au Crédit Agricole, il était condamné à beaucoup travailler pour le sprinter de l'équipe, Hushovd. Passé cette année chez Marc Madiot, où il est libre de ses mouvements, il pourrait être la bonne surprise française de ce Tour 2009. Hier, en tout cas, Le Mével (29ans en septembre) s'est positionné dans la cour des grands. On a la faiblesse de croire que c'est sa place.

  • J. L. G.

Columbia manque son envol

A cinq secondes près, l'Américain George Hincapie a raté, hier à Besançon, le maillot jaune que porte l'Italien Rinaldo Nocentini avant l'arrivée au sommet dans la station suisse de Verbier.

Le grand copain de Lance Armstrong, qui avait reçu la bénédiction du septuple vainqueur du Tour pour se vêtir de jaune, a vu les secondes s'égrener trop lentement à l'arrivée de cette 13e étape gagnée par le champion de Russie Serguei Ivanov devant ses anciens compagnons d'échappée. Dans le final, le peloton s'est rapproché à 5'20' du groupe de Hincapie. Un peu trop pour que le New-Yorkais de 36 ans endosse le maillot jaune. Pour son équipe Columbia, le bilan a été aggravé par la sanction qui a frappé Mark Cavendish, coupable d'avoir fermé la porte dans le sprint à son rival pour le maillot vert, le Norvégien Thor Hushovd.

AG2R a donné le tempo

Fatigués par les journées précédentes, les AG2R de Vincent Lavenu ont laissé faire. D'abord les équipes non représentées dans l'échappée, Quick Step surtout, qui ont mené la chasse pendant près d'une heure. Puis, la formation Astana, désireuse de laisser l'écart osciller entre huit et neuf minutes afin que Hincapie prenne le maillot jaune sans compromettre l'avenir. Ce n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres de Besançon que les AG2R se sont concertés afin de sauver le maillot de Nocentini. A leur initiative, ils ont pris le parti de rouler sur l'échappée. Vincent Lavenu, qui dirige l'équipe, leur a laissé le choix. «Arrieta, Goubert et les jeunes ont décidé d'y aller», s'est félicité le manager d'AG2R qui a vu un exemple de ce qu'offre le port des oreillettes en course. En fin d'étape, l'équipe française a reçu un coup de main de Garmin
. En revanche, elle a été gênée dans ses relais par les coéquipiers de Hincapie venus casser le rythme.
«Jusqu'à maintenant, c'étaient plutôt des courses tactiques, selon que l'on voulait ou non laisser partir», a estimé Johan Bruyneel, le manager d'Astana, en reconnaissant implicitement la main de fer posée par son équipe sur la course. Pour l'équipe kazakhe et son duo de leaders, Contador et Armstrong, la tactique affichée consiste à attendre l'attaque des adversaires. Andy Schleck, Cadel Evans, Carlos Sastre sont tous restés sur la réserve durant la semaine. «Ils doivent attaquer», a commenté Bruyneel sur un ton vaguement narquois. «Je m'y attends... sinon je ne sais pas quand ils vont attaquer»
.

Ils pédalaient tous avec Le Mével

De Laura, son épouse, à Frank Pineau, son directeur sportif, en passant par Jérémy Roy, son équipier, tous pédalaient avec Christophe LeMével, hier, entre Colmar et Besançon.

«Pendant les dix derniers kilomètres, j'avais l'oeil rivé sur ma télé et l'oreille collée au téléphone. Au bout du fil, j'avais mes parents qui, à Bergame, suivaient l'étape sur la Rai Due.»

Laura: «Très fière de lui»

Laura Le Mével, l'épouse italienne du héros breton du jour, avouait avoir éprouvé beaucoup de stress tout au long de la journée. Très au fait des choses du cyclisme, elle déclarait: «Pour la victoire d'étape, je savais que ça allait être très compliqué avec des coureurs comme Hincapie, Ciolek ou Bennati mais je me doutais qu'il allait faire une très bonne opération au classement général. Dès l'arrivée, je lui ai téléphoné pour lui dire que j'étais très fière de lui.» Jérémy Roy, son équipier de la Française des Jeux, pédalait en effectuant des calculs. «Quand l'échappée a eu neuf minutes d'avance, je me suis dit que Hincapie serait leader ce soir et que Christophe lui piquerait le maillot demain. Je voyais la vie en jaune.»

Virtuel deuxième du Tour

Dans le sillage du Breton, Frank Pineau, le directeur sportif de la Française des Jeux, ne pensait, lui, qu'à la victoire d'étape. «C'était l'objectif et je l'ai souvent rappelé à Christophe. Quand il a été virtuel deuxième du classement général, je l'ai recadré. Il ne fallait surtout pas qu'il se laisse déconcentrer par cette perspective. Je l'ai souvent freiné aussi car c'est dans son tempérament de prendre trop de relais.» Il connaît bien son coureur. Il sait aussi qu'il récupère très bien et devrait être très fort en troisième semaine. A ce propos, il emploie une belle image: «C'est le cousin de Sandy Casar.»

Nerf sciatique sectionné en 2002

Casar, c'est le leader officiel de La Française des Jeux mais Martial Gayant, le bras droit de Marc Madiot, estime que «Christophe a autant de potentiel que Sandy. C'est un coureur de grands Tours.» Mais pas question pour lui de rêver d'un Le Mével en jaune ce soir. «S'il n'y avait eu que Hincapie devant, c'était possible. Mais là, Contador et Armstrong sont également devant lui...» C'est vrai, ils sont embêtants, ces deux-là. Comme tous ceux qui ont empêché Le Mével (7e) de gagner l'étape. «C'était l'objectif et on n'a pas encore réussi à mettre la balle au fond», regrettait Marc Madiot. Il n'allait toutefois rien reprocher au Breton en le rejoignant dans le bus. «Je vais lui dire: ??Bravo, t'as fait une belle journée''. Je suis très content de l'avoir pris dans l'équipe. C'est un garçon sérieux, appliqué, très agréable à vivre.» Et aussi un coureur de grand talent, 5ece matin du Tour de France. Dire qu'en mai2002, alors qu'il venait d'avoir le nerf sciatique sectionné dans une chute aux Quatre Jours de Dunkerque, Christophe se demandait s'il retrouverait un jour l'usage de sa jambe gauche!

L'Helvétie pour lanterne ?

Alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain? Vaudrait mieux que ce soit aujourd'hui parce que, demain, c'est repos... Bon, vous devinez un soupçon d'impatience dans nos propos. Cela dit, on ne se fait pas vraiment d'illusions. La grande bagarre que tout le monde attend n'aura pas encore lieu aujourd'hui. On espère juste qu'à Verbier, théâtre de la deuxième arrivée en altitude du Tour 2009, on verra tomber quelques masques. Il est temps car ce Tour est entré hier dans sa troisième semaine et on n'est pas plus avancé qu'au soir de la première étape à Monaco. A part le «coup de la bordure» joué à la perfection par Armstrong à La Grande-Motte et la micro-attaque de Contador dans l'ascension d'Andorre Arcalis, les cadors n'ont rien montré. Ils demeurent aussi secrets que des coffres-forts suisses. Depuis le début de la Grande Boucle, on a la désagréable impression qu'on nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Alors, en passant la frontière tout à l'heure, on espère avoir l'Helvétie pour lanterne. Qu'elle va nous éclairer sur les réelles intentions des frères Schleck. Sur les capacités de Sastre et d'Evans. Sur le jeu de coquins de Contador et d'Armstrong. Chacun s'accorde à dire que l'Espagnol a les meilleures jambes mais que l'Américain a un mental à tout casser. Y compris le moral de Contador... A la place d'Alberto, on essaierait quand même d'insinuer le doute dans l'esprit d'Armstrong. En lui rappelant que 22 centièmes de seconde lui ont fait défaut pour devenir Maillot Jaune à Montpelllier... Que son ami Leipheimer a été éliminé sur chute... Que, hier, il a manqué cinq secondes à son autre pote, Hincapie, pour détrôner Nocentini... On l'imagine en train de lui dire: «Eh, Lance, ce n'est pas ton Tour de chance... » On plaisante mais on n'oublie pas que, hier, une dame a trouvé la mort sur la route du Tour de France. Tout le reste est dérisoire.

  • Jérôme Le Gall

Une spectatrice tuée sur la route du Tour

Une spectatrice de 60 ans a été tuée, hier, renversée par un motard de la garde républicaine, sur la 14e étape. Cet accident rare a suscité des appels à la prudence des autorités et des organisateurs. La victime a été fauchée alors qu'elle traversait la route, juste devant le motard de la Garde Républicaine, après le passage des coureurs échappés et avant le peloton, et est décédée sur le coup. En début d'après-midi, 38km après le départ de l'étape, la moto s'est couchée sur la chaussée et est allée percuter deux spectatrices sur le bas-côté, une femme de 61 ans qui souffre d'une fracture de la jambe et une femme de 34 ans qui souffre de douleurs cervicales. Celle-ci qui avait son bébé d'un an dans les bras aurait eu la présence d'esprit de l'écarter juste avant le choc. Il n'a pas été blessé.

Appels à la prudence

Le motard de la garde républicaine impliqué dans l'accident «n'a commis aucune imprudence selon les premières constatations», a indiqué le procureur-adjoint de Mulhouse, Alexandre Chevrier. Il devait rouler «à 90km/h». Selon lui, «l'imprudence» de la spectatrice qui a traversé la route «serait à l'origine du drame». Les accidents mortels sont rares, et le plus souvent dus à l'inattention. Le précédent accident mortel sur le Tour date de 2002. Un garçonnet âgé de sept ans avait été renversé par un véhicule de la caravane publicitaire, en traversant la route Un ac
cident similaire s'était produit en 2000, lors de l'étape Avignon-Draguignan, où un garçon de 12 ans était décédé. Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a affirmé que la sécurité était la priorité numéro1 des organisateurs, soulignant que 14.000 gendarmes et 9.000 policiers étaient mobilisés. Ce matin, le peloton observera une minute de silence au départ de la 15e étape.

Serguei Ivanov. Pour l'amour du vélo et de la Russie

Serguei Ivanov, vainqueur hier de la 14e étape, a mis longtemps à se révéler à lui-même, et avoue avoir enfin pris confiance au printemps, lors de sa victoire à l'Amstel Gold Race. «Cette victoire, c'était la première d'un Russe dans une classique sous le maillot d'une équipe russe. Elle m'a donné confiance en moi», a-t-il admis à Besançon. «C'est vrai, j'ai changé, je suis devenu différent depuis ce jour» Ceux qui connaissent cet Russe de 34 ans, installé en Belgique depuis le début de sa carrière, disent, aussi, qu'il a été transfiguré par son passage dans une équipe russe. Coureur chez Astana en 2007 et 2008, il a en effet signé ensuite pour Katusha, une structure à gros budget soutenu notamment par le géant du gaz Gazprom et, dit-on, par le président Vladimir Poutine lui-même. Le fait d'avoir gagné l'Amstel le jour de Pâques orthodoxe, la fête la plus importante de la nouvelle Russie, ajoute encore au symbole. Enfin Ivanov, exilé depuis 1997, peu connu dans son pays, réussissait à faire coïncider sa passion du vélo avec son amour de la patrie.

Faux airs de Poutine

Certains, d'ailleurs, n'hésitent pas à lui trouver de faux airs de Poutine, avec son regard dur, son visage de lutteur, et sa façon d'éluder les questions qui fâchent. A Besançon, interrogé sur l'absence de contrôle antidopage positif sur le Tour, il s'est contenté d'un laconique : «Je suis fatigué de répondre toujours à ce genre de questions...» De même qu'il ne s'était jamais expliqué, il y a presque dix ans, sur l'épisode de son exclusion du Tour 2000, au matin du prologue du Futuroscope, à cause d'un hématocrite non conforme dans un contrôle sanguin. Hier, voyant Ivanov échappé en compagnie de onze autres coureurs sur la route du Tour de France, son mentor belge au sein de l'équipe Katusha, Jos Braeckevelt, a pris le téléphone vers 14h, alors qu'il restait plus de 100 km à courir. Il a appelé un journaliste flamand pour lui dire : «Tu peux préparer ton papier sur Ivanov, il va gagner...». Car Ivanov, solide baroudeur, dur au mal, mais aussi réputé rigoureux et ultra-professionnel dans sa préparation, est considéré comme une valeur sûre par ses proches. Ami personnel de Vinokourov, avec qui il a longtemps couru et s'est longtemps entraîné, le Russe s'est préparé pour le Tour 2009 avec l'espoir d'avoir sa chance sur une étape faite pour lui. Ce fut hier !

Aujourd'hui. L'altitude suisse

Le Tour arrive aujourd'hui en altitude dans la station suisse de Verbier où se conclut la 14e étape longue de 207,5 km.

L'ascension finale, classée en première catégorie, présente sur 8,8km en lacets une pente moyenne, plutôt régulière, de 7,5%, pour cette deuxième des trois arrivées au sommet de l'épreuve. Le Tour entre en Suisse, une dizaine de kilomètres après le départ donné à la sortie de Pontarlier après la première côte du parcours. Il descend vers le lac de Neuchâtel et se dirige, par le bourg médiéval de Gruyères, vers le col des Mosses (2e catégorie - Km 135), l'une des difficultés traditionnelles du Tour de Romandie. La course reste ensuite sur une trentaine de kilomètres dans la vallée du Rhône, à partir d'Aigle (Km 152,5), la ville-siège de l'Union cycliste internationale (UCI). La route s'élève de nouveau à partir de Martigny (Km 181) jusqu'à la dernière montée pour rejoindre la station du Valais (2.700 habitants), à l'altitude de 1.468 m. Célèbre pour ses concerts annuels, Verbier reçoit pour la première fois le Tour après avoir accueilli à plusieurs reprises le Tour de Suisse, la dernière fois en 2008 (victoire de Kim Kirchen).

Départ de Pontarlier à 12 h 05, arrivée à Verbier vers 17 h 33 (prévision à 38 km/h de moyenne).

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