11 juillet 2009 à 07h42
A Arcalis, Brice Feillu a surgi pour s'adjuger la èè étape du Tour, contrôlée par l'quipe Astana, où Alberto Contador fait l abonne affaire de la journée.
« Première participation, première victoire et qui plus est dans la grosse étape de montagne, que demander de plus ? », s’est extasié Brice Feillu, qui a signé le deuxième succès français de la semaine, deux jours après celui de Thomas Voeckler.
Cerise sur le gâteau pour le cyclisme national, Christophe Kern a assuré le doublé sur la ligne. Arcalis a souri aux néophytes du Tour. Outre Feillu et Kern, Rinaldo Nocentini, qui découvre la Grande Boucle à l’âge de 31 ans, s’est
emparé du maillot jaune. Tous trois étaient membres de l’échappée de neuf coureurs, lancée en deux temps à quelque 200 kilomètres de l’arrivée. Le groupe s’est disloqué seulement dans l’ascension finale, sur les accélérations
de Christophe Riblon, qui travaillait pour Nocentini. Mais la surprise est venue de Feillu, le moins connu de tous, qui a démarré à 5.800 mètres de la ligne pour s’assurer jusqu’à 30 secondes d’avance.
La contre-attaque engagée par Kern allait seulement le rapprocher à cinq secondes sur la ligne.
Deux secondes
Quel est le bilan pour les favoris ? La leçon du jour tient en un chiffre : deux secondes. C’est l’écart qui sépare désormais Alberto Contador de son coéquipier Lance Armstrong au classement général. Avec avantage à l’Espagnol, qui est repassé devant l’Américain au bénéfice de son démarrage dans les trois derniers kilomètres. A ceux qui doutaient de lui, Armstrong a toutefois apporté la preuve qu’il était revenu au niveau de la plupart de ses adversaires. Le Texan, qui a tendance à moins tourner les jambes en montagne qu’à son époque « dorée », a suivi Andy Schleck, le Luxembourgeois
le plus actif dans la poursuite derrière l’Espagnol. L’Américain Levi Leipheimer, le troisième homme de la formation Astana, a fait de même.
Le Tour a aussi rappelé sa dureté à Fabian Cancellara, qui portait le maillot de leader depuis le premier jour et rejeté hier à plus de cinq minutes en quelques kilomètres.
Ecarts limités
Cependant, la grande lessive que l’on pouvait attendre n’a pas eu lieu. Au contraire des années de plomb du règne Armstrong, les écarts sont restés limités à Arcalis. Ils sont 35 à avoir franchi la ligne moins de deux minutes après
Contador, le premier du peloton fort encore d’une cinquantaine d’éléments au pied de la montée finale.
Ce constat rassurant, surtout au terme de la plus longue étape du Tour (224 km), a bénéficié de la stratégie de l’équipe Astana, qui a contrôlé la course en permanence. Avec, pour intention avouée de la part de son manager Johan Bruyneel,
de laisser filer le maillot jaune afin de ne pas avoir à assumer seule les responsabilités. Bruyneel a même fait la grimace quand il a appris le faible écart de six secondes séparant Nocentini de Contador.
« On espérait un peu plus », a reconnu le manager belge, tactiquement irréprochable.
Le vent contraire soufflant dans la montée d’Arcalis a aussi refroidi les ardeurs des éventuels attaquants. L’Espagnol Carlos Sastre est resté à l’abri, l’Australien Cadel Evans a attendu les quatre derniers kilomètres pour se risquer.
Contador a patienté jusqu’à moins de trois kilomètres. Le favori du Tour, aérien, a su conjuguer audace et sagesse.
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