6 juillet 2009
Un phénomène venu d'outre-Manche, Mark Cavendish, a repris sa domination sur les sprints du Tour de France, hier à Brignoles, où il s'est adjugé sans coup férir une deuxième étape caniculaire.
«Je suis Britannique mais je commence à m'habituer à la chaleur, je vis en Italie», a déclaré Cavendish, tout sourire après ce succès, le cinquième à son actif dans le Tour de France après ses quatre premiers obtenus l'année passée. Comme les 179 autres coureurs, le natif de l'île de Man a souffert toutefois de la température, accablante sur les routes de l'arrière-pays provençal. «Je n'avais pas connu une chaleur pareille depuis des années», a soupiré le Suisse Fabian Cancellara, toujours porteur du maillot jaune après cette étape de 187 kilomètres sans incidence sur le classement général. A l'arrivée, la température de la chaussée a atteint 56 degrés. Autant dire que la chute qui a tronçonné le peloton aux 750mètres, dans l'avant-dernière courbe du parcours, aurait pu avoir des conséquences... brûlantes avant une explication un peu musclée, comme souvent, entre sprinteurs (accrochage entre Cavendish et un coureur de Skil, Rooijakkers).
Cavendish est-il au-dessus du lot?
Le Britannique, qui a remporté dans la cité du Var son 14e succès de la saison, est parti pour pulvériser les statistiques contemporaines. A 24 ans, il compte déjà 5 étapes du Tour à son palmarès, 46 victoires au total parmi lesquelles figure en bonne place le dernier Milan -San Remo, la classique qui suscite les fantasmes des sprinteurs-puncheurs. Plus impressionnant encore, l'écart le séparant de ses suivants, l'Américain Tyler Farrar (2e) et un excellent Romain Feillu, qui a obtenu sa meilleure place dans un sprint massif du Tour (3e), s'est élevé à plusieurs longueurs. A croire que «Cannonball» n'a pas d'adversaires à son niveau. «Je ne pense pas aux autres, je me concentre sur mon objectif, je ne veux pas dépenser de l'énergie pour autre chose», a réagi le Britannique à une question sur la formation Cervélo et ses deux sprinteurs-maison, le Norvégien Thor Hushovd (4e à Brignoles) et l'Allemand Heinrich Haussler.
Comment s'explique sa domination?
Venu de la piste, il continue de rouler sur les vélodromes, de s'aligner dans les Championnats du monde, pour entretenir des qualités de démarrage et de vélocité exceptionnelles pour un routier. «C'est un phénomène, un coureur comme j'en ai vu très peu», admirait l'an dernier l'ancien directeur du sprint français, Gérard Quintyn, après avoir visionné les quatre succès de Cavendish dans le Tour. La supériorité de celui qui a endossé à Brignoles le maillot vert du classement par points s'explique aussi et avant tout par le travail de ses équipiers, habitués à travailler pour lui. Avec l'Australien Mark Renshaw pour lanceur et plusieurs rouleurs capables de rouler très vite dans le final, afin d'interdire tout démarrage, la machine Columbia est un véritable train. Cavendish ne s'y trompe pas, lui qui s'empresse après ses victoires d'aller remercier les hommes au maillot blanc et jaune, souvent ses aînés. S'il est convoité par les dirigeants de la future formation britannique Sky, qui doit être lancée en 2010, «Cav» est lié par contrat avec son équipe actuelle. Mais il est encore plus attaché à Columbia par son intérêt de sprinteur: «Il y a un désir collectif de gagner et... ça fonctionne très bien.»
«Je ne pense pas aux autres, je me concentre sur mon objectif».
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