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Afghanistan : le défi lancé aux Occidentaux

29 octobre 2009

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Malgré la présence de la coalition internationale en Afghanistan depuis huit ans, les talibans ont, une nouvelle fois, tué hier. Face à eux, en première ligne, la Task Force «Korrigan». Ce nom de lutin de la mythologie celte est celui adopté par les 750 soldats français, déployés dans une région stratégique: la Kapisa. Notre reporter Hervé Chambonnière a passé une semaine avec eux.

Voici huit ans, le 7octobre 2001, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont tiré leurs premiers missiles contre l'Afghanistan alors dirigé par les talibans. Ces islamistes radicaux avaient pris le pouvoir en 1996, avec l'aide des services secrets pakistanais, et en évinçant les autres factions, dont celle d'Ahmed Chah Massoud. Réfugié dans son fief du nord du pays, ce dernier sera assassiné, dans une opération coordonnée, l'avant-veille des attentats sur le sol américain. Si les Occidentaux attaquent alors l'Afghanistan, c'est qu'ils n'ignorent pas que l'organisateur des attentats, le Saoudien Oussama ben Laden, y a établi une base inexpugnable, sous la protection des talibans. Qu'il s'agit donc d'évincer. Avant même les premiers tirs américains, le mollah Mohammad Omar, chef des talibans, avait quitté le pouvoir sur un cyclomoteur.

Accroître la présence internationale

Pour les dirigeants du monde occidental, il n'est aujourd'hui pas question de retirer les troupes d'Afghanistan, mais plutôt d'en accroître le nombre. Derrière les États-Unis, tous les pays de l'Union européenne sont présents, sauf Malte. Si les Américains sont engagés pour leur propre compte dans le cadre de l'opération Enduring Freedom, le général Stanley McChrystal, leur chef, est également patron de l'Isaf, l'opération de l'Otan. Depuis huit ans donc, les armées les plus modernes du monde déploient leurs meilleures troupes, leurs armes les plus sophistiquées, leurs stratégies les plus novatrices. Pourtant, les forces spéciales courent sans succès derrière des insurgés qui ne se sont jamais affaiblis, tandis que les contingents déployés comptent les morts provoquées par des bombes bricolées. Dans ce pays féodal dont les ethnies et les clans se disputent sans cesse le pouvoir les armes à la main, les gouvernants de Kaboul engloutissent les subventions internationales dans le puits sans fond de la corruption. Quant à la population, elle prend les aumônes en attendant anxieusement que la présence étrangère se termine. La guerre technologique ne fait pas trop de détails, les bombes tuent souvent indistinctement les combattants et les civils, les femmes et les enfants. Au sud du pays, dans la zone la plus dangereuse, l'Otan ne tient même pas les routes principales. Et force est de constater que huit ans après le début de la guerre, les femmes afghanes sont toujours considérées comme des moins que rien, tandis que la production d'opium est plus florissante que jamais!

Situation très délicate

L'Otan, les armées étrangères et leurs gouvernements se trouvent dans une situation très délicate. Ils n'ont pratiquement rencontré aucun succès militaire. Les Afghans - sauf les profiteurs de guerre-sont tous d'accord pour qu'ils quittent le pays. Le président Hamid Karzaï ne survit - sans doute au sens propre du terme - que par la protection américaine. Et en même temps, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a sans doute raison quand il dit que si son organisation quittait ce pays, celui-ci «redeviendrait un terrain d'entraînement d'al-Qaïda, la pression sur le Pakistan qui détient l'arme nucléaire, serait énorme. L'instabilité se répandrait dans toute l'Asie centrale. Et il ne faudrait pas longtemps pour que l'Europe en éprouve les conséquences».

La bonne cible?

Que faire? Dans quelques jours, le président Barack Obama dira s'il accepte de déployer les dizaines de milliers de soldats que lui demande le général McChrystal. Lequel veut aussi faire passer les effectifs de l'armée afghane de 94.000 hommes aujourd'hui, à 240.000 hommes en 2013. Auxquels s'ajouteraient 160.000 policiers. Mais cette addition a-t-elle un sens? N'est-il pas temps, après huit ans de guerre qui n'ont rien changé pour les Afghans, que chacun se demande pourquoi nous combattons en Afghanistan quand le problème majeur, aujourd'hui, est celui du Pakistan?

  • Jean Guisnel
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«Si nous partons, l'Afghanistan redeviendrait un terrain d'entraînement d'al-Qaïda, la pression sur le Pakistan serait énorme.»»

  • Anders Fogh Rasmussen le sécrétaire général de l'Otan

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