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Rames Guyane. Carnet de bord (24/03). Jamais seuls avec leur solitude

24 mars 2009 à 18h39

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Luttant contre des vents contraires depuis le début de la course, les 20 concurrents de la Bouvet Rames Guyane sont, pour l'instant, moins rapides que lors de la première édition. Mais n'est-ce pas ce qu'ils sont venus chercher ? Cette lenteur, ce temps perdu, cette solitude... Le point de vue de Gilles Ponthieux et Patricia Lemoine.

Gilles Ponthieux sur « Ram Atao » joue d'abord le jeu de l'autodérision : « Traverser l'Atlantique à la rame, c'est un défi d'une bande de frappas dingues qui ont envie de faire un gros truc dans leur vie ». Mais le dentiste breton amoureux de la mer ne cache pas que ce « gros truc » est avant tout intérieur. « Ce voyage me remet les pieds sur terre, me rapproche de mes proches. J'avais oublié l'essentiel ». A la vacation, l'émotion le submerge. Il lui a fallu partir sur son canot traverser l'Atlantique à la rame pour retrouver un temps disponible, émancipé des contraintes du quotidien moderne. L'homme du luxe, aujourd'hui, est peut-être celui qui s'est désynchronisé de la frénésie mondiale. « J'ai l'impression que les sensations sont doublées, triplées, quadruplées. Même quand c'est du bonheur » poursuit Gilles Pontieux. « Tous les jours, j'ai la chance de croiser des dauphins. C'est un moment... waouh ! Rien que pour cette image qui dure parfois quelques secondes, je suis content d'être là. On est dans un endroit magique, on est vernis ! ». Pourtant hier, vers 16 h, il s'est aussi fait une grosse frayeur. Elle aussi amplifiée : « Puis je me suis rendu compte que j'avais un cargo sur mon tribord et que mon détecteur n'avait pas fonctionné... »
Plus loin, à l'arrière de la course, Patricia Lemoine, elle, a le coeur qui balance quand on lui parle de cette lenteur. « Avec la mer qu'on a depuis le départ, tu tires toujours sur le même bras, alors tu fatigues. C'est démotivant parce que tu n'avance pas. » Malgré ces difficultés, elle ne se pose en revanche pas de question sur sa présence au milieu de nulle part. « Avant de partir, je m'étais dit que j'aurais des coups de blues, que je me demanderais pourquoi je suis là. Pas du tout. Je suis super contente d'être sur la mer. La solitude me va très bien. Je n'ai aucun regret. »

Suivez le parcours des rameurs

 

  • Catherine Lozac'h

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