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Rames-Guyane. Carnet de bord (08/04). La galère des rameurs

8 avril 2009 à 17h49

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A l’avant de la flotte, les trois premiers continuent leur progression express. Certains parient pour une arrivée le 18 avril, au mieux. La route est encore longue tandis que les premiers signes de grosse fatigue se font jour chez nos rameurs.

66 milles, 70 milles… La meilleure prestation de la journée revient à Mathieu Bonnier avec 71 milles au compteur. Belle performance pour un rameur. Ca avance et le compte à rebours a commencé.  Au terme d’un mois de mer à tirer sur les avirons et à vivre dans un espace guère plus confortable que celui d’un tonneau, la perspective donne des ailes.

Et nous et nous et nous…

Plus à l’arrière, le coup de blues pointe. Un grand classique lorsque l’on voit les copains s’échapper. « Tu dis que certains prévoient une arrivée des premiers vers le 18 ou le 20 mais alors moi je peux peut-être tabler sur deux semaines et demi ». Rémy Alnet est un de ceux qui n’avaient, pourtant, aucun souci, mais l’arrivée envisagée reprogramme le disque dur du rameur fatigué. Le Costarmoricain Gilles Ponthieux avoue son ras le bol du manque d’hygiène, Jean-Pierre Lacroix sa fonte progressive. « J’ai déjà perdu je ne sais pas combien de kilos, il ne faudrait pas que ça continue ». Après récupération de photos via le Guyavoile, bateau suiveur de la flotte, l’organisation confirme le propos. Grosso modo, ils n’ont pas fait de gras. A l’image ils sont même transformés, émaciés, tout secs.

Patricia Lemoine en peine

Tout à l’arrière, ils ne veulent pas encore prévisionner et ferment les écoutilles. En dernière position, Patricia Lemoine est un peu à la peine. Psychologiquement, la seule femme de la course n’a rien à envier aux aventuriers de la bande. Techniquement elle rame. « C’est désespérant, je n’y arrive pas, je rame le plus possible mais la nuit je perds le gain de la journée ». Actuellement sur une route très sud alors qu’elle se trouve encore au 28ème ouest, elle risque de piquer vers une zone perturbée proche du Pot au noir. Henri-Georges Hidair, plus au nord de Patricia mais à quelques 650 milles du premier est lui aussi bien conscient de son obligation de faire encore un peu de nord. Il n’était pas encore question, pour eux, de tapis roulants, d’arrivée et d’embrassade. La route sera longue.

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