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Rames Guyane. Carnet de bord (03/04). De l'autre côté du décor

3 avril 2009 à 17h14

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19. Ils sont maintenant 19 à mi-chemin entre Saint-Louis du Sénégal et Cayenne en Guyane. Christophe Lemur de Ploufragan a installé son cerf-volant. Depuis son abandon, il fait route à la voile vers l'Afrique. Mais toutes ces nouvelles, d'où viennent-elles ? Escale à La Trinité-sur-Mer, de l'autre côté du décor.

« Les autres Guyanais ne croient pas trop à la route sud. Tu en penses quoi ? A toi ». Véronique Méter, casque sur les oreilles, est en pleine conversation avec Pascal Vaudé. Tous les matins, de 9 h 30 à 11 h 30, la Trinité-sur-Mer est le chemin le plus court pour le milieu de l'Atlantique. Là, en face du port, à l'étage d'une maison d'habitation, est installé le PC course de Rames Guyane, transat à la rame en solitaire. La matinée est consacrée à la « vacation », sorte de « cordon ombilical avec les rameurs », estime Michel Horeau, organisateur de l'épreuve.

Un sourire, un mot chaleureux
Les spectateurs ne peuvent pas s'installer au bord du stade pour regarder passer les 19 fadas encore en lice. Alors, plus qu'une question de sécurité, ce lien est un moyen d'exister, de partager. Son crayon à la main, Véronique note quelques remarques de Pascal Vaudé. «Je fais de l'ouest et c'est super, je ne veux pas passer sous le 5è parallèle, je connais bien les côtes guyanaises et je veux rester au moins sur une route orthodromique, si possible un peu plus haut », raconte le navigateur. Son interlocutrice peste, la liaison satellite est mauvaise ce matin. Elle rappelle. Sourire aux lèvres, elle termine par un petit mot chaleureux.

Partager des émotions
Derrière elle, Cécile Guyard retravaille les sons enregistrés en direct. Elle fait des choix dans les commentaires, améliore la qualité de la liaison. Pendant quelques heures par jour, elle est avec eux, partageant leurs émotions. « Ce n'est pas toujours évident de reprendre le cours normal de la vie après », confie-t-elle.
Pendant que les rameurs rament, au milieu de l'océan, une petite équipe turbine dans un bureau de La Trinité pour faire entendre leurs voix à ceux qui veulent suivre leur aventure. Et ça n'est pas fini : il reste encore la moitié de l'Atlantique à parcourir ! Et bien des matins à échanger en tout complicité.

Suivez le parcours des rameurs

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  • Christophe Lemur, participant de Ploufragan (22). Photo Igor Meijer.
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