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Rames Guyane. Carnet de bord (01/04). Et j'ai crié !

1 avril 2009 à 16h47

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Quand le plus gros de la flotte continue de chercher à faire de l'ouest, voire du nord, certains concurrents misent sur le sud. Veines de courant favorables ou vents de sud-est échappés du Pot au Noir, ils restent mystérieux sur leurs pronostics... Cependant, une chose est certaine : seuls au milieu de l'Atlantique beaucoup sont rattrapés par le « syndrome du rameur ». Témoignage de Pierre Katz, ce matin.

Ce n'est pas un poisson d'avril : certains traversent l'Atlantique pour... crier. Enfin pas seulement bien sûr ! Mais ce matin, le Vannetais Pierre Katz expliquait : « Je me suis permis des choses : je suis permis de crier. Parce que tu ne peux pas crier dans la vie. Ici, tu peux crier. De joie, de peine. Tu peux brailler, personne ne t'entend, personne ne te dira rien. Toutes ces petites libérations, c'est super. Ce sont des moments émouvants. » 

Le directeur technique du salon nautique de Paris annonçait dès le départ être là aussi pour une rencontre avec lui-même. Il se trouve. « Dans ce milieu là, on est plus sensible. Je fais ressortir 57 ans d'émotions rentrées, par mon ego, mon éducation... Mais ici, il n'y a plus rien de tout ça. La carapace se ramollit, se fendille même. On est face à soi-même. » Face à soi-même, mais c'est pourtant de savoir que sa course permet à d'autres de vivre aussi des choses personnelles qui l'a ému aux larmes. Pas de doute, Pierre Katz fait bien partie des skippers touchés par le « syndrome du rameur » : un état cyclothymique et ultrasensible. 

Pour les options de régate en revanche, Pierre Katz est bien décidé à ne pas perdre le Nord. « Pour nous c'est très clair, l'option sud n'est pas la bonne. Je continue de forcer pour avoir un peu de marge au nord en arrivant sur la Guyane. C'est vrai que c'est tentant de descendre, de se laisser porter et griser dans le bon sens des vagues et du vent mais je continue sur une route idéale au 270 ». Le Vannetais se lâche et choisit, nautiquement, d'être à l'Ouest.

Suivez le parcours des rameurs

  • Catherine Lozac'h

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