6 octobre 2009 à 13h57
Par une mer démontée, l'Erika quitte le port de Dunkerque le 8 décembre 1999 vers 23h30 à destination de l'Italie afin de livrer à Enel, client de Total, 30.800 tonnes de fioul pour ses centrales de chauffe.
Voici la reconstitution des dernières heures, établie par l'enquête.
-Le 10 décembre.
Passage du rail d'Ouessant sous des vents de force 9.
-Le 11 décembre.
Au milieu du Golfe de Gascogne, pris dans des vagues de 9 à 14 mètres, l'Erika roule, tangue. Le commandant réduit la vitesse et ordonne un déballastage à tribord.
14h08 : appel de détresse avec demande d'assistance immédiate, reçu par le centre de secours du Cross Etel. Changement de cap pour recevoir vent et mer par l'arrière, ce qui stabilise le navire et permet un examen du pont où des "fissures" sont constatées. Du fioul se déverse dans le ballast droit, preuve d'une rupture de la cloison le séparant de la citerne adjacente. Allure réduite.
14h42 : le commandant télexe au gestionnaire Panship que du fioul fuit à la mer.
14h55 : l'Erika assure pourtant au Cross Etel que "tout va bien à bord" et qu'il ne demande pas assistance.
15h10 : le commandant refuse l'offre d'aide d'un bâtiment militaire britannique puis transforme son Mayday (message de
détresse) en message de sécurité, assurant au Cross Etel que la situation est sous contrôle.
16h27 : il met le cap sur Donges, terminal pétrolier de Total sur l'embouchure de la Loire, choisi comme port de refuge. Cela fragilise le navire qui reçoit désormais la houle de profil.
Mais en soirée, le port de Saint-Nazaire, à l'entrée de la Loire, prévient que si les fuites de pétrole persistent, il ne pourra
recevoir l'Erika car les courants du fleuve empêchent l'installation de barrages anti-pollution.
-La nuit du 11 au 12 décembre : La gîte réapparaît alors que la météo empire. Le pompage du ballast tribord est désormais constant, sans que l'assiette soit rétablie. Le commandant constate des fuites de fioul à la mer, sans savoir d'où elles proviennent. Des morceaux de coque avant cèdent.
05h00 : le navire n'est plus dirigeable et le commandant déclenche l'alarme pour prévenir l'équipage.
06h04 : message de détresse demandant une assistance immédiate au Cross Etel.
-Le 12 décembre, 07h35 : décollage du premier hélicoptère Super Frelon qui hélitreuille le premier membre d'équipage 35 minutes plus tard.
08h28 : l'Erika se brise en deux au large du Finistère. 12 marins montent dans le seul canot de sauvetage en état de
fonctionner, les autres seront sauvés depuis le pont.
10h45 : les rescapés sont à terre.
12h00 : un remorqueur de l'Abeille Flandres arrive près de l'Erika. Sa tentative de l'éloigner au large échoue.
18h00 : le plan Polmar mer est déclenché
-Le 13 décembre
Les deux parties de l'Erika sombrent, à quelques heures d'intervalle, à 60 km au sud de la pointe de Penmarc’h (Finistère).
Les premières boulettes de pétrole arrivent sur les côtes le 25 décembre : près de 400 km du littoral seront souillés, de la baie d’Audierne, dans le Finistère, jusqu’à l’île d’Yeu, en Charente-Maritime.
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