12 avril 2009 - 3 réactions
Après l'assaut tragique lancé vendredi contre le Tanit, les circonstances de la mort de Florent Lemaçon restaient floues, hier. Quant aux quatre rescapés, ils sont attendus aujourd'hui en France.
Les quatre ex-otages du Tanit, libérés vendredi des pirates somaliens, arriveront cet après-midi en France. Chloé Lemaçon, son fils de trois ans, et un couple d'amis se trouvaient hier à Djibouti, où ils ont été examinés par un médecin. L'avion les ramenant en France doit atterrir cet après-midi à l'aéroport militaire de Villacoublay (Yvelines). Ils y seront accueillis par Hervé Morin, le ministre de la Défense. Quant au corps de Florent Lemaçon, mortellement blessé lors de l'opération de libération lancée par l'armée française, il sera rapatrié ultérieurement en France, où il sera autopsié. «Il y aura bien entendu une enquête judiciaire donc il y aura une autopsie», a indiqué Hervé Morin, hier sur Europe 1. Beaucoup de questions demeuraient encore sans réponse hier sur les circonstances de la mort de ce Vannetais de 28ans, touché par une balle lors d'un échange de tirs entre les pirates somaliens et les commandos-marine français.
«Le risque zéro n'existe pas»
«Il y a eu, au moment même où les commandos arrivaient sur le Tanit, des tirs de Kalachnikov effectués par les pirates et c'est en descendant dans le carré qu'il y a eu un échange de tirs et que M.Lemaçon a été mortellement touché», avait indiqué vendredi le chef de l'état-major, Jean-Louis Georgelin. Mais a-t-il été victime d'un tir somalien ou français? Seule l'autopsie pourra y répondre. «On ne peut bien entendu pas exclure que dans l'échange de tirs entre les pirates et nos commandos, le tir soit français», a reconnu le ministre de la Défense. Il a souligné que «par nature, le risque zéro n'existe pas», lors de ce type d'intervention. L'armée est intervenue vendredi alors que le Tanit se rapprochait des côtes somaliennes. Depuis Paris, Nicolas Sarkozy - qui a appelé hier l'épouse et le père de Florent Lemaçon - avait fixé une «ligne rouge»: les otages ne devaient pas être amenés à terre. Des négociations avaient été engagées. La France avait même proposé de verser une rançon, ainsi que l'échange de la mère et l'enfant contre un officier. Mais en vain. Interrogé sur ce dernier point hier, le ministre a expliqué qu'il était «inimaginable» de laisser un enfant «être pris en otage longtemps dans cette zone». «Il fallait tout essayer pour les récupérer y compris par la mise en oeuvre de solutions pas habituelles (comme une rançon, ndlr)», a-t-il dit.
Les pirates ramenés en France
Depuis mercredi, les écoutes montraient «un durcissement très net de la position des pirates qui évoquaient de manière plus insistante l'exécution des otages et la destruction par explosif du bateau», avait fait valoir vendredi le ministre. Il a, par ailleurs, indiqué qu'actuellement «243otages étaient entre les mains de pirates» au large des côtes somaliennes. Quant aux trois pirates somaliens capturés vendredi, ils seront «ramenés en France pour faire l'objet d'une procédure judiciaire». Cinq pirates s'étaient emparés du Tanit le 4avril dans le golfe d'Aden. Le voilier était parti de Vannes le 26juillet pour une croisière au long cours qui devait l'amener jusqu'à Zanzibar.
«On ne peut pas exclure que le tir soit français.»
