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Piraterie. « Une puissante mafia des mers »

5 avril 2008

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Les pirates somaliens opèrent en redoutables gangs bien organisés et armés, à partir de côtes et de ports que personne ne contrôle.

Au cours des années, à la faveur de l'anarchie qui règne en Somalie depuis plus de vingt ans, de puissantes bandes de pirates se sont constituées, souvent à partir de familles de pêcheurs, qui représentent désormais un péril majeur pour la navigation dans la région.

GPS et armes lourdes
« C'est une puissante mafia des mers » , estime le Français Olivier Hallaoui, de la société de sécurité maritime Secopex. « Ce sont le plus souvent des pêcheurs reconvertis au grand banditisme, des clans, des milices locales qui se sont aperçus que c'était un business très rentable, à cause des rançons versées presque à tous les coups par les armateurs des navires détournés. Ils se sont marinisés » . « Ils ont des GPS, des moyens modernes de communication et des armes lourdes. Et surtout, ils tirent sans sommations » , ajoute-t-il. Avec la multiplication des actes de piratage au large de la Somalie, le Bureau international maritime, qui gère le centre anti-piraterie basé à Kuala Lumpur, recommande depuis plusieurs années de ne pas croiser à moins de 200 milles nautiques (plus de 370 km) des côtes. Mais les gangs de pirates modernes ont trouvé la parade : ils opèrent au large, expliqu e l 'A méricain Michael Wall. Cet ancien officier de l ' US Navy est aujourd'hui l'un des dirigeants de la société privée de sécurité maritime Tactical Solutions Partners, basée à Glen Burnie, dans le Maryland.

Ils attendent leurs proies
« Souvent, ils sont sur un cargo-mère, très loin des côtes, avec à bord de nombreuses barques plus petites. Ils se font passer pour des pêcheurs et attendent leurs proies », précise Michael Wall . « Ils ont des ports, des zones de mouillage contrôlées par des bandes armées où ils savent que personne n'ira jamais les déranger », ajoute Olivier Hallaoui. « Ils y planquent leurs captures et lancent les négociations. » Depuis le début de l'année, il y aurait eu sur cette zone sept tentatives de piratage. Le 1 e r février, un remorqueur danois commandé par un officier britannique, en route pour l ' extrême-orient russe, a ainsi été capturé dans ce secteur. Il a été gardé pendant 47 jours, jusqu ' à sa libération . Une rançon de 700.000 dollars avait été versée.

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