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Piraterie. La France sort l'artillerie lourde

1 novembre 2007

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En novembre dernier, l'aviso Premier Maître-l'Her appareillait de Brest pour une mission de trois mois au coeur d'une zone maritime rongée par la piraterie. Les 95 marins devaient escorter les convois humanitaires au départ du Kenya destinés aux populations affamées de Somalie.

Le 25 septembre dernier, au siège new-yorkais des Nations unies, Nicolas Sarkozy avait appelé les Etats à réagir face à la recrudescence des actes de piraterie au large des côtes somaliennes. Il annonçait que la France était prête à sécuriser l'aide délivrée par le programme alimentaire mondial, trop de navires étant pillés pendant les quelques jours de convoyage, surtout à proximité des ports de départ et d'arrivée.

En meute comme les loups
Les 95 marins français assureront l'accompagnement d'une demi-douzaine de cargos pendant les deux ou trois mois qui seront nécessaires à l'acheminement des 35.000 tonnes de vivres et de médicaments attendus à Mombasa. « Notre rôle sera essentiellement dissuasif mais nous n'hésiterons pas à utiliser les armes en cas de besoin », expliquait hier, juste avant d'appareiller, le commandant Julien Duthu. « Nous embarquerons à Djibouti une douzaine de commandos Marine pour nous prêter main-forte. » Et il faudra être très vigilant à l'approche des côtes (certains cargos n'hésitant pas à s'écarter à plus de 200 miles - 370 km - pour éviter les pillards), surtout la nuit où les pirates agissent en flotte à bord de plusieurs canots fortement motorisés. Ils s'attaquent de préférence aux petites unités esseulées et fondent sur leur proie comme une meute de loups. Passés maîtres dans l'art de grimper à bord des navires en marche, ils neutralisent à l'aide d'armes de guerre les équipages parfois séquestrés et échangés contre rançon. Les cargaisons sont récupérées et revendues, comme certains navires, lorsqu'ils ne sont pas coulés sur place.

Stopper l'hémorragie
Faute d'être accompagnées, quelques cargaisons humanitaires ont ainsi été interceptées ces derniers mois, la corne africaine étant devenue depuis trois années le plus grand repère de pirates au monde, avec le détroit de Malacca, en Indonésie. « Notre travail n'est pas de nettoyer la zone, simplement d'accompagner et de participer au bon déroulement de ce pont humanitaire. Et si nos mitrailleuses ne servent pas, nous aurons pleinement réussi notre mission ». Retour à Brest avant le printemps pour un équipage des plus sollicités au long cours, après une longue campagne au début de l'année et un déploiement à nouveau programmé en océan Indien, courant 2008.

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