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Piraterie. «Il faut mener une action internationale»

11 septembre 2008

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Le large de la Somalie, le Golfe de Guinée sont des zones à hauts risques. En octobre, le député UMP du Finistère Christian Ménard rendra public un rapport sur la piraterie.

Quelles sont les zones à risques ? 
La piraterie existe depuis la nuit des temps. Aujourd'hui, il y a trois zones dangereuses : le détroit de Malacca, le large de Somalie et le Golfe de Guinée. Dans ces deux dernières zones, la piraterie est en forte progression.

Qui sont ces pirates ? 
Au large de la Somalie, ce sont des pêcheurs recyclés dans la piraterie. Ils sont très organisés, très entraînés, souvent équipés de kalachnikovs mais aussi de lance-roquettes. Ils n'hésitent pas à s'emparer d'un bateau-mère, type chalutier par exemple. Ils y embarquent des petits bateaux extrêmement rapides et ainsi ils peuvent attaquer dans les eaux internationales. Le kat et l'alcool aidant, ces pirates peuvent être extrêmement dangereux. Dans le Golfe de Guinée, où travaillent de nombreux Français, ils attaquent désormais des plate-formes pétrolières et n'hésitent pas à tuer.

Que veulent les pirates ? 
Ça dépend d'où ils sont. Dans le détroit de Malacca, on est pirate de père en fils. Ils recherchent de l'argent à bord, la cargaison ou prennent le bateau entier. Au large de la Somalie, les pirates cherchent des rançons. Elles dépassent rarement deux millions de dollars, car ils ne veulent pas tuer la poule aux oeufs d'or ! Ceci étant, on sait que des armateurs qui empruntent des routes dangereuses ne le signalent pas à leurs assurances. En cas de rançon, ils préfèrent traiter directement avec les pirates, sans le déclarer.

Quelles leçons tirez-vous de la prise d'otage du Ponant ?
C'est une réussite pour la marine française, le GIGN et les commandos. La gestion du commandant du bateau a aussi été excellente. Dans ces affaires, il s'agit de ne pas perdre ses nerfs ! Pour la première fois, le plan Pirates Mer, institué il y a 20 ans pour lutter contre le terrorisme a été appliqué. Les responsables se sont rendus compte qu'il s'appliquait parfaitement aux actes de piraterie.

Que faire alors ?
La Task force 150, qui réunit les flottes de la France et de plusieurs pays, est une bonne chose mais ce n'est pas suffisant. Avoir une base comme Djibouti, c'est aussi un plus. Après l'affaire du Ponant, sous l'égide de la France et des Etats-Unis, une résolution a été adoptée le 2 juin dernier au niveau du Conseil de sécurité de l'Onu, qui permet de traquer les pirates dans les eaux territoriales somaliennes. Cela va changer les choses. Ce qu'il faut maintenant, c'est profiter de la présidence française de l'UE pour essayer de mener une action internationale.

  • Propos recueillis par Catherine Magueur

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