15 septembre 2008
Syndicat des marins et groupement des armateurs en appellent notamment à l'intervention du gouvernement français pour sécuriser la zone de pêche.
Yvon Riva, président d'Orthongel (Organisation des producteurs de thon congelé), qui regroupe les armateurs de pêcheurs de thon, fait tout d'abord deux constats à la suite des différentes affaires de piraterie subies par Le Drennec et les thoniers espagnols. « Les deux dernières opérations (NDLR : Le Drennec et Le Playa de Anzoras) se sont déroulées à 400 milles des côtes somaliennes, c'est-à-dire dans les eaux internationales et non pas dans les eaux territoriales.
Viser les bateaux-mères
De plus, selon le capitaine du Drennec, il a été poursuivi par deux petites embarcations rapides qui n'ont pas l'autonomie pour faire une si longue distance. Il existe donc des bateaux-mères, plus gros et sûrement munis de radars, d'où peuvent partir ces petites embarcations, une fois qu'une cible intéressante a été identifiée », explique-t-il. « Hier, toute la flottille des thoniers français faisait route vers son port d'attache Mahé, aux Seychelles. D'après mes informations, les bateaux espagnols font de même. Ils veulent protester contre l'insécurité. J'ai demandé l'organisation d'une réunion à Michel Barnier, en soulignant notre volonté d'avoir la participation de la Marine française à cette réunion. Je vais également prendre contact avec mes collègues espagnols pour interpeller l'Union européenne. Il faut un plan de sécurisation de la zone. Nous, nous sommes désarmés », affirme Yvon Riva.
« Un contexte de guerre »
De son côté, Sylvie Roux, du syndicat maritime Bretagne CFDT, dénonce, elle aussi, la situation : « Maintenant, ça suffit. Faut-il attendre un mort. C'est une situation connue. Jusqu'où faut-il aller ? ». « Nous sommes dans un contexte de guerre et on ne peut pas demander à nos marins de faire la guerre », ajoute-t-elle. Dès aujourd'hui, Sylvie Roux veut alerter le ministre de tutelle des marins, Michel Barnier, ainsi que l'Union européenne. « Celle-ci ne doit pas seulement imposer des contraintes. Elle a aussi des obligations et doit donner les moyens pour pouvoir assurer la sécurité des pêcheurs. Ils pêchent en toute légalité avec les licences voulues », s'indigne Sylvie Roux. « Les armateurs demandent, par mesure de sécurité, à leurs équipages de s'éloigner de plus en plus des côtes somaliennes et à un moment, ils vont arriver à la limite des zones de pêche. Ça ne peut pas durer. Il faut une présence plus forte de la Marine française », demande Sylvie Roux.
