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Océan Indien. Plus de risque zéro

16 septembre 2008

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La plupart des thoniers présents dans l'océan Indien avaient regagné les côtes seychelloises, hier. Parmi eux, le Gueriden, dont le patron, Philippe Glévéau, exprime ses inquiétudes.

Le Gueriden, de l'armement CMB, est arrivé hier, à la mi-journée, au mouillage au large des Seychelles. Comme tous les autres thoniers français et espagnols pêchant dans l'océan Indien, le navire concarnois a fait route terre, en signe spontané de solidarité avec l'équipage du Drennec. Le capitaine du Gueriden, le Moëlanais Philippe Glévéau, connaît bien Le Drennec, pour y avoir exercé en tant que « second à commander ».
 
«On ne parle que de ça»
« Ici, à bord, tout le monde ne parle que de ça. Déjà qu'avec la baisse de la production et la hausse du pétrole, on vit mal notre métier depuis plus d'un an, cette agression est difficile à accepter. On prend conscience que le risque zéro n'existe plus ». Pourtant, le capitaine l'assure : « On ne fait pas n'importe quoi. On ne peut pas rentrer dans la zone économique d'un pays. On travaille en dehors de la zone des 200 milles. Mais maintenant, la consigne, c'est de ne pas se rapprocher à moins de 500 milles ». 

« Des bateaux suspects on en a tous vus »

Des consignes de sécurité nécessaires, mais difficiles à accepter. « L'essentiel de nos tonnages, on les fait dans le secteur où Le Drennec a été attaqué, poursuit Philippe Glévéau. Entre juillet et août, c'est dans ce secteur qu'on devrait pêcher ». Des inquiétudes, tous en ont eu, depuis quelques années, sur ces mers. « Des bateaux suspects, on en a tous vus, note-t-il. Personnellement, le 15 août 2006, je me souviens d'un bateau qui nous a surveillés durant plus de quatre heures... ». Une « amplification » de la piraterie qui peut conduire certains membres d'équipage à s'interroger. « On sait que certains hésitent fortement à réembarquer, constate Philippe Glévéau. Déjà qu'on a du mal à recruter, j'ai peur que ça en décourage plus d'un ». 

Pour plus de protection

Quant aux solutions avancées, le capitaine note que faire pêcher les navires les uns proches des autres ne serait pas efficace. « Ce serait pire. Au lieu d'un bateau, ce sont deux qui risqueraient de se faire prendre ». Non... La solution passe bien par une plus forte protection. « On est suivi au plus près. Mais quand des choses anormales sont signalées, il n'y a personne sur l'eau pour nous aider ». « De même que l'Union européenne a été capable de placer un contrôleur à bord de chaque léginier aux Kerguelen, pourquoi ne pas mettre en place une surveillance à bord de ces thoniers ? », interrogeait d'ailleurs Sylvie Roux, de la CFDT marins, hier. 

Réunion ce matin

Hier soir, le P-DG de l'armement CMB, Jean-Yves Labbé, indiquait qu'une réunion était programmée ce matin aux Seychelles, rassemblant l'ensemble des capitaines des navires rentrés. « Il est inimaginable que l'on puisse les autoriser à retourner pêcher dans cette zone de pêche particulière, soulignait-il. Maintenant, l'océan Indien est grand. Mais il est difficile d'anticiper sur ce qui ressortira de cette réunion ». Pour lui non plus, « le risque zéro n'existe pas, à partir du moment où on a affaire à des gens très entraînés et motivés ».

  • Olivier Desveaux

Thoniers. Une vingtaine de navires dans l'océan Indien

La flotte française de thoniers senneurs pêchant le thon tropical est composée de 25 unités, en grande partie immatriculées à Concarneau.

Cinq de ces navires pêchent dans l'océan Atlantique, notamment au large de la Côte d'Ivoire, et 20 dans l'océan Indien. Trois armements se partagent la gestion de cette flottille : - Chevannes-Merceron-Ballery (CMB), à Concarneau : 18 navires, dont 15 dans l'océan Indien. À noter qu'un de ces thoniers bat pavillon italien, et que deux, dont Le Drennec, sont immatriculés à Dzaoudzi (Mayotte). - Saupiquet, à Concarneau : cinq navires, dont trois dans l'océan Indien. - Sapmer, à La Réunion : deux thoniers pêchant dans l'océan Indien. En 2007, la production de l'ensemble de la flotte de thoniers océaniques s'est établie à 100.119 tonnes, pour une valeur totale de 121 millions d'euros. À noter que la flotte française côtoie, dans l'océan Indien, environ 25 thoniers espagnols, dont quelques unités sont commandées par des patrons concarnois.

  • O. D.

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