11 octobre 2009
Des militaires français, embarqués à bord du Glénan et du Drennec ont ouvert le feu, hier matin, sur des pirates, dans l'Océan indien, pour repousser une attaque. Les deux thoniers appartiennent à l'armement Cobrepêche, basée à Concarneau (29).
Pour la première fois depuis la mise en place du dispositif, en juillet dernier, les militaires français embarqués sur des bateaux de pêche ont repoussé, hier matin, une attaque. Étaient visés le Drennec et le Glénan, qui travaillent habituellement en binôme dans les eaux très poissonneuses au large de la Somalie. «Trois petites vedettes d'environ quatre mètres, presque invisibles et que nous avons eues au radar au dernier moment, nous ont poursuivis», a indiqué un marin à bord du Drennec, interrogé au téléphone depuis Nairobi.
Le bateau mère des pirates arraisonné
Les militaires français à bord des deux thoniers «ont d'abord tiré des coups de semonce, puis ils ont tiré au but. Les pirates ont alors laissé tomber et ont fait demi-tour». L'incident, qui n'a fait aucun blessé côté français, a eu lieu à environ 195 milles nautiques (350km) au nord de l'archipel des Seychelles. Selon une source occidentale naviguant dans la zone, les esquifs pirates ont, peu après, rejoint un bateau mère d'environ 30 mètres, «sans doute un ex-palangrier asiatique, le Win Far, surveillé depuis plusieurs mois alors qu'il était au mouillage sur la côte somalienne». Ce bateau mère a été immédiatement pris en chasse et arraisonné, ainsi qu'un des skiffs, par le Topaze, un navire des garde-côtes seychellois.
Trois assauts repoussés
A Paris, l'état-major des Armées a précisé que les fusiliers marins français avaient repoussé trois assauts sur les thoniers français. Ils ont d'abord tiré des «artifices éclairants», puis effectué «des tirs d'intimidation en l'air et devant l'étrave des bateaux pirates» et, enfin, alors que les assaillants ouvraient le feu «sans doute à la Kalachnikov», les militaires ont tiré sur les esquifs qui ont «immédiatement cessé la poursuite». Une soixantaine de fusiliers marins, dont des commandos de marine, participent à cette opération, mise en place à la demande des armateurs français et qui ne s'inscrit pas dans les opérations anti-piraterie de l'Union européenne («Atalante») et l'Otan dans le golfe d'Aden et l'océan Indien. «Cela prouve l'efficacité du dispositif», a estimé la source occidentale, alors que les thoniers espagnols pêchant dans la zone réclament des militaires espagnols une protection identique. L'un de ces bateaux espagnols, le thonier géant Alakrana, a été capturé le 2octobre entre la Somalie et les Seychelles, avec 36 marins à son bord. Mercredi, des pirates somaliens avaient attaqué par méprise dans la nuit le navire de commandement des forces militaires françaises dans l'océan Indien, le pétrolier-ravitailleur La Somme, qui avait fait prisonniers cinq assaillants.
Le Drennec déjà attaqué l'an dernier
En septembre2008, le Drennec avait déjà échappé à une attaque de pirates, semant ses poursuivants qui avaient alors tiré au lance-roquette RPG. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui assistait, hier, à Brest, à l'inauguration de la nouvelle Ecole des mousses au Centre d'instruction navale (CIN), s'est félicité que l'attaque des deux thoniers ait pu être repoussée «grâce à l'action de la Marine nationale» présente à bord.
«Nous avons eu au radar, au dernier moment, trois petites vedettes de quatre mètres environ qui nous poursuivaient».
