7 décembre 2008
Trouver son voilier parmi les nouveautés des grands chantiers nécessite plus que jamais un budget conséquent cette année. Les moins de 10 m y sont rares. Chez le leader de la plaisance, Éric Ingouf, directeur des projets First, explique que l'évolution suit une logique implacable. Il présente le dernier des First. Un « petit » 40 pieds (12,50 m) signé Farr, comme son prédécesseur. Il remplace le 40.7, lancé en 1997, et construit à 760 exemplaires. Tendance comparable du côté des gammes croisière. Un 54 pieds (16,70 m) pour la série des Océanis, un 51 pieds chez Bavaria ou encore un 52 pieds (15,50 m) après le Feeling 55... Toujours plus grands. Une réalité dont on ne se cache pas chez X-Yachts.
Le chantier danois vient de lancer une gamme crusing. Premier bateau de la gamme : un 45 pieds facturé 500.000 EUR. Un 42 pieds et un 50 pieds suivront dans les prochains mois. Une tendance partagée par les fabricants de catamarans. Cette évolution, le groupe Bénéteau la confirme : il vient en effet d'annoncer sa volonté de construire de plus grandes unités, sans préciser toutefois sous quelle marque elles verraient le jour. Et on comprend aisément la logique, à la lecture des chiffres d'affaires publiés par la fédération des industries nautiques. Les monocoques de 12 à 15 mètres représentent à eux seuls 30 % du chiffre d'affaires global de la plaisance.
Petits chantiers petits bateaux
Dans ce contexte, les petits chantiers tentent de tirer leur épingle du jeu en occupant le terrain abandonné par les grands chantiers. Archambault dévoilera dans quelques semaines son A 31. Un bateau pour la course-croisière - à la fois dessiné pour la régate IRC et la Transquadra - déjà commandé à dix unités avant la première mise à l'eau. Spécialiste de la régate, J Europe sort de son côté un J97 (9,64 m) également dédié à la croisière. Un marché de niche qui réussit à bon nombre de petits chantiers. À commencer par le Finistérien Structures dont le nouveau Pogo 10.50, destiné à la croisière pure, vient d'être récompensé par la presse spécialisée.
Un pneumatique habitable
Sur le marché très concurrentiel des pneumatiques, Zodiac, jusque-là très généraliste, a décidé de se démarquer en investissant le créneau huppé du pneumatique habitable. Baptisé N-zo, le dernier né offre une couchette double dans une cabine surmontée d'un toit rigide, un bain de soleil et un balcon en inox : bref, tous les attributs des coques rigides. Les deux autres innovations proviennent des chantiers bretons. À commencer par Aquatic Import, implantée à Trévou-Tréguignec (22) et son audacieux Alugator 6.80. Comme son nom l'indique, cette unité se démarque grâce à une carène en aluminium et une étrave verticale et tranchante (« perce-vague »). Le plan de pont est bien pensé, la finition flatteuse, mais la décoration un peu tape-à-l'oeil. Quant au chantier vannetais Kelt, il étoffe sa prestigieuse gamme Seahawk avec le modèle 265, capable d'encaisser la poussée du Yamaha 350 ch, le hors-bord le plus puissant du marché.
La poussée des coques alu
Du côté des coques open, Jeanneau a décidé de ressusciter une appellation qui a fait son succès dans les années 80 : le Cap Camarat 555. Une unité très polyvalente dans laquelle la marque fonde beaucoup d'espoirs pour remplacer le 545, produit à 999 exemplaires entre 1999 et 2007. Dans cette catégorie, la poussée des coques alu ne se dément pas. Le chantier Bord à Bord de Plestin-les-Grèves (22) l'a bien compris, en intercalant son Dervinis 4,95 dans une gamme qui se décline de 4,50 à 6,20 m. Chez les sundecks, Kelt se dote d'un nouveau navire amiral : le White Shark 298, capable de dépasser les 50 noeuds.
Un pêche-promenade haut de gamme
Dans la catégorie plus paisible des pêche-promenades, le chantier vendéen Ocqueteau renouvelle son 625 : timonerie déportée pour une circulation facilitée à bord, cockpit plus profond et six porte-cannes pour cette unité dédiée à la pêche. Nettement plus haut de gamme, le Rhéa 28 confirme le savoir-faire du chantier rochelais. Un timonier chic, reconnaissable à sa coque frégatée et aux performances accrues. Ce qui ne change pas, c'est la finition : toujours irréprochable.
En lançant son nouveau Cap Camarat 505 équipé d'un moteur 50 ch à 12.990 EUR, il faut reconnaître que Jeanneau a bien préparé ce salon nautique. À ce tarif, aucune marque présente ne peut proposer de nouveauté équivalente. Un « prix étudié qui ne doit rien au hasard », reconnaît d'emblée Merry de la Poeze, directeur des produits moteurs. La marque a réduit son ticket d'entrée de gamme de 15 %, grâce à une stratégie d'anticipation qui passe par une étude en règle des tarifs de la concurrence. Ensuite, le constructeur applique des économies d'échelle, grâce à une stratégie de groupe. En clair, quand Bénéteau se fournit en résine de polyester, il le fait aussi pour les marques Jeanneau, Lagoon, CNB ou Prestige. D'où un prix des matières premières plus bas que pour les chantiers plus modestes.
Doublement de la production
Les économies sont également réalisées dans la phase de conception, car le groupe dispose de son propre bureau d'études, ce qui lui évite de recourir à de coûteux cabinets extérieurs. Reste la fabrication elle-même, qui est réalisée, comme toutes les unités à moteur de 5 à 7 m, dans son usine d'Ostrada, en Pologne. Un site industriel qui va d'ailleurs voir sa capacité de production doubler dans les prochaines semaines. De 3.500 unités par an actuellement, l'usine va passer à 7.000 bateaux avec, pour nouvelle cible, le marché des pays nordiques. Le Cap Camarat 505, qui devrait être produit à raison de 300 à 400 exemplaires par an, pourrait y figurer en bonne place.