4 février 2010 - Réagir à cet article
Propriétaire du Stade Rennais depuis 1998, François Pinault songe à un avenir du club de son coeur qui s'écrirait sans lui. Il a sollicité plusieurs investisseurs locaux, dont l'ancien président René Ruello, pour entrer au capital. Dans un premier temps...
«Qu'est-ce qui est Rouge et Noir, qui monte et qui descend?» C'est ainsi que les plus caustiques évoquaient le Stade Rennais, pensionnaire alternatif des divisions 1 et 2, jusqu'au milieu des années 90.
100millions investis
Quinze ans plus tard, fort du centre de formation le plus productif du pays, le Stade Rennais est devenu un des clubs les plus installés et les plus solides du paysage. Il le doit à un homme: François Pinault, ex-patron-fondateur du groupe PPR (Pinault-Printemps-La Redoute) et 60efortune mondiale selon le magazine américain Forbes. Devenu sponsor du club en 1993, puis propriétaire en 1998 lorsqu'il a fait l'acquisition de la Société d'économie mixte Stade Rennais dans laquelle la ville était prépondérante, François Pinault possède 100% du club (*). En presque douze ans de gouvernance bienveillante, le milliardaire y aurait investi quelque 100millions d'euros. Au-delà de toute considération économique, son attachement à ce club n'est donc pas à prouver.
«Il faut penser à l'avenir»
Ces derniers mois, François Pinault a pourtant tenté de vendre une partie de ses parts à un certain nombre d'investisseurs du bassin rennais, parmi lesquels l'ancien président du club (à deux reprises) René Ruello. Lassitude d'un mécène qui, à l'image de feu Robert Louis-Dreyfus à Marseille, n'a toujours rien gagné malgré les millions engloutis? Ecoeurement après la défaite en finale de la dernière Coupe de France contre Guingamp? Des proches du dossier estiment qu'il n'en est rien. «Le Stade Rennais n'est pas vraiment à vendre, explique l'un d'eux. M.Pinault est très attaché à ce club et ne souhaite pas s'en débarrasser, c'est une certitude. Par contre, il souhaite ouvrir le capital. Mais pas à n'importe qui, et pas dans n'importe quelles conditions». Sa motivation? «C'est conforme au monde des entreprises. Il y a un moment où il faut penser à l'avenir...».
Ruello épisode 3?
L'avenir, en principe, c'est François-Henri, le fils auquel François Pinault a passé le témoin sur le plan professionnel. Mais Pinault fils, PDG de PPR et président d'Artemis, ne nourrirait pas le même attachement que son père à l'égard du Stade Rennais. D'où la décision de François Pinault, 73 ans, de faire entrer au capital des actionnaires auxquels il fait confiance pour assurer la pérennité du club. Des actionnaires qui, à terme, deviendraient majoritaires. La constitution de ce nouveau pacte d'actionnaires s'est pour l'instant heurtée au refus de René Ruello, qui redeviendrait président. Celui qui fut successivement écarté de la présidence lors de la reprise du club par François Pinault, avant de redevenir président deux ans plus tard, s'est déclaré hier «trop occupé» pour évoquer les raisons de son refus. Il serait cependant toujours en phase de réflexion. Ou plutôt, de négociation.
(*) De SEM, le club a changé de structure juridique, passant au fil du temps en SAOS puis en SASP. A travers Artemis, leur holding familiale, François Pinault et sa famille possèdent 100% des parts de la holding EPS (Européenne de promotion du sport) qui, elle-même, détient 100% du capital du Stade Rennais.
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