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Finistère. Enjeux & candidats officiels

30 décembre 2008 à 15h49

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301.788 voix pour Ségolène Royal, 258.652 pour Nicolas Sarkozy : le Finistère a donné 43.000 voix de plus à la candidate socialiste, un écart d'autant plus inattendu qu'il est totalement à contre-courant du mouvement enregistré au niveau national. Ce résultat va-t-il marquer les élections législatives qui, maintenant, prennent le relais de l'actualité politique ? En attendant la réponse des urnes, petit tour d'horizon dans les huit circonscriptions du Finistère.

Analyse réalisée le 7 mai à l'issue du second tour de la Présidentielle et publiée dans le Télégramme du 8 mai 2007. Liste officielle des candidats déposée le 18 mai 2007 à 18h.



Consultez ici la carte des résultats du second tour de la Présidentielle commune par communecliquer ici

Retrouvez également l'actualité des législatives au jour le jour sur http://legislatives2007.blogs.letelegramme.com

Tous les résultats commune par commune sur la page spéciale législatives

8e circonscription

Douze candidats :

1. Guy Flegeo, commerçant, 65 ans (La France en action) ; 2. Fabrice Le Danvic, ouvrier, 39 ans (LCR) ; 3. Fanny Chauffin, enseignante, 44 ans (UDB-Les Verts) ; 4. Georges Blanche, retraité, 67 ans (FN) ; 5. Eric Le Bour, ouvrier papetier, 39 ans (Gauche pour une alternative au libéralisme) ; 6. Catherine Tanguy-Gallen, consultante, 54 ans (UDF-Modem) ; 7. Jeanne Yvonne-Triché, agricultrice, 52 ans (UMP) ; 8. Annick Coateval, enseignante, 60 ans (LO) ; 9. Louis-Daniel Gourmelen, employé, 55 ans (Communistes) ; 10. Solange Tanavelle, secrétaire, 52 ans (MPF) ; 11. Gilbert Le Bris, permanent politique, 58 ans (PS); 12. Gérard Le Bris, artisan distillateur, 51 ans (CPNT); 13. Rolland Dufleit, agriculteur, 54 ans (Génération écologie)

Le député socialiste de la 8 e circonscription (Concarneau-Quimperlé), Gilbert Le Bris, avait frôlé la défaite en 2002, avec seulement 50,97 % des suffrages exprimés au 2 e tour. Il était même légèrement minoritaire dans sa ville de Concarneau (49,56 %), et c'est le secteur de Quimperlé, très à gauche, qui lui avait sauvé la mise. Cette fois, il a de la marge, puisque Ségolène Royal a obtenu dans l'ensemble de la circonscription 56,14 % des voix, et qu'à Concarneau, elle a atteint 53,72 %. Seules quatre communes du secteur sont restées à droite dimanche, et la gauche progresse partout,; parfois d'une manière spectaculaire. Ainsi, dans sa commune de Scaër, Jeanne-Yvonne Triché (UMP), qui sera à nouveau opposée à Gilbert Le Bris, voit la droite passer en cinq ans de 51,21 % (2 e tour des législatives) à... 38,30 %.

7e circonscription

Huit candidats :

1. Louis Guirriec, professeur d'éducation physique et sportive, 54 ans (Gauche unitaire et antilibérale) ; 2. Hélène Tanguy, parlementaire-maire, 58 ans (UMP) ; 3. Elisabeth Hascoët, enseignante, 54 ans (Les Verts) ; 4. René-Jean Jouanno, retraité, 76 ans (La France en action) ; 5. Serge Defrance, ingénieur, 43 ans (LO) ; 6. Renan Haas, commercial, 53 ans (FN) ; 7. Annick Le Loch, commerçante, 52 ans (PS) ; 8. Michel Canévet, responsable de collectivité, 46 ans (UDF-Modem).

À l'issue du premier tour de l'élection présidentielle, Hélène Tanguy, députée UMP, estimait que « la gauche était minoritaire sur sa circonscription ». Faux. Dimanche, la gauche a damé le pion à la droite, de la Bigoudénie au Cap Sizun. Dans cette 7 e circonscription, Hélène Tanguy serait-elle donc en danger pour les échéances de juin ? Le vote de dimanche tend à le dire. Ici, Ségolène Royal a devancé nettement Nicolas Sarkozy : 54,23 % contre 45,77 %. Qu'elles soient tenues par des maires de droite ou de gauche, les villes clés sont aussi tombées dans l'escarcelle du PS : Pont-l'Abbé (55,63 % contre 44,37 %), Douarnenez (56,10 % contre 43,90 %), Audierne (50,37 % contre 49,63 %). Ségolène Royal s'impose également, de façon nette, au Guilvinec, commune d'Hélène Tanguy avec un score de 52,93 %. Dans la 7 e , le basculement des voix de l'UDF vers la candidate de gauche paraît fort comme le prouve, par exemple, le score élevé de Ségolène Royal à Plonéour-Lanvern (57,01 % contre 42,99 %), fief du centriste Michel Canévet. Michel Canévet qui sera peut-être plus qu'un arbitre entre Hélène Tanguy (UMP) et Annick Le Loch (PS) dans la bataille des futures législatives.

6e circonscription

Douze candidats :

1. Richard Ferrand, cadre du secteur privé, 44 ans (PS) ; 2. Jeann-Yves Queinnec, salarié dans l'agroalimentaire, 52 ans (La France en action) ; 3. Elisabeth Guillou-Piro, secrétaire, 56 ans (LO) ; 4. Christian Ménard, médecin, 61 ans (UMP) ; 5. Marianne Haas, chef d'entreprise, 57 ans (FN) ; 6. Matthieu Guillemot, cuisinier, 31 ans (LCR) ; 7. Philippe Milliau, chef d'entreprise, 59 ans (MNR) ; 8. Elizabeth Donnardieu, agent territorial, 43 ans (MPF) ; 9. Catherine Le Moan, gérante de camping, 43 ans (UDF-Modem) ; 10. Corinne Nicole, ouvrière, 40 ans (PCF); 11. Christian Troadec, chef d'entreprise, 41 ans (Divers gauche); 12. Danielle Lemoine, 40 ans, employée (Génération écologie).

Sans ambiguïté, la 6 e circonscription a, dimanche, voté à gauche (53,59 % pour Royal). Des neuf cantons qui la composent, seul Crozon a accordé sa préférence à Sarkozy (53,69 %). Le député sortant Christian Ménard (UMP) dispose toutefois d'atouts pour infléchir cette tendance, aux législatives. Il devrait bénéficier « d'une prime à la majorité présidentielle », régulièrement accordée. Il s'appuie, aussi, sur un bilan sans fausse note majeure. Puis, face à lui, la gauche se présentera scindée en deux camps bien marqués. Pour ajouter à la confusion, les rivaux du Poher, Richard Ferrand (PS) et Christian Troadec (Divers gauche) se sont choisis pour suppléants respectifs Dominique Trétout, 1 r e adjointe à Crozon, et Jean Cornec, son maire. Sportif, le contexte. Dernière inconnue : quel sera le poids du futur « Mouvement Démocrate » (ex-UDF, dont Ménard portait les couleurs avant l'alliance avec l'UMP, en 2002), représenté par Catherine Le Moan, maire de Telgruc-sur-Mer, et crédité de plus de 21 % voici deux semaines ?

5e circonscription

Neuf candidats :

1. Jean-Marie Keroas, libraire, 39 ans (MPF) ; 2. Chantal Guittet, professeur de faculté, 52 ans (PS) ; 3. Emmanuel Morucci, consultant en sociologie, 51 ans (UDF-Modem) ; 4. François Chauveau, ouvrière, 54 ans (LO) ; 5. Christophe Winckler, gérant d'entreprise, 49 ans (Les Verts) ; 6. Jacques Le Guen, médecin, 49 ans (UMP) ; 7. Alain Fabre, retraité, 60 ans (FN) ; 8. Jean Chevalier, 63 ans (PCF) ; 9. Yannick Hervé, directeur d'entreprise, 45 ans (Gauche alternative 2007).

Élu en 2002 avec 51,99 % des voix, Jacques Le Guen (UMP) était le seul, dans le Finistère, à avoir fait l'économie d'un second tour. Dimanche, cette même circonscription de Landerneau-Landivisiau s'est encore distinguée en plaçant Nicolas Sarkozy en tête : 49 voix d'écart, peu mais suffisant pour parler de résistance au mouvement de fond socialiste qui touche le Finistère et la Bretagne. Mais, le 10 juin, Jacques Le Guen ne sera plus le candidat unique de la droite traditionnelle. L'UDF alignera un candidat, Emmanuel Morruci, qui attend jeudi pour être officiellement investi au moment de la naissance du Mouvement Démocrate de François Bayrou. « Je m'attends à deux tours en espérant que l'UDF n'aura pas une attitude suicidaire en provoquant une triangulaire au second tour », analyse le député sortant. Or, entre une frange agglomérée qui penche vers la gauche et un monde rural qui reste ancré à droite, Emmanuel Morruci place la balle au centre. Mise en selle par le PS, Chantal Guittet entend défendre ses valeurs et ses projets. « J'espère que les électeurs auront envie d'un contre-pouvoir dans cette circonscription où la gauche ne fait plus peur et continue à grignoter des voix ».

4e circonscription

Onze candidats :

1. Marylise Lebranchu, députée, 60 ans (PS) ; 2. Anne-Marie Gentric, bibliothécaire, 45 ans (LCR) ; 3. Alice Roudaut, infirmière, 57 ans (LO) ; 4. Francine Remacle, infirmière retraitée, 63 ans (FN) ; 5. Gilles Caroff, avocat, 58 ans (UMP) ; 6. François Bourven, agent SNCF, 35 ans (Gauche populaire et antilibérale) ; 7. Christine Prigent-Guiziou, technicienne, 51 ans (Les Verts) ; 8. Yvon Rogard, retraité, 64 ans (MPF); 9. Jocelyn Joncour, agriculteur, 34 ans (UDF-Modem); 10. Stéphane Métayer, consultant pêche et environnement, 48 ans (Génération écologie); 11. Jean-Hugues Plougonven, cadre commercial, 60 ans (La France en action).

À la lecture des résultats du second tour de l'élection présidentielle, la socialiste Marylise Lebranchu semble bien partie pour décrocher un troisième mandat consécutif à l'Assemblée nationale. En 2002, elle avait été élue avec 52,92% contre Gilles Caroff. Dimanche, Ségolène Royal a recueilli 55,83 % des suffrages dans la quatrième circonscription, contre 44,17 % pour Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste arrive en tête dans six des neufs cantons. À 113 voix près, celui de Taulé a même failli virer à gauche. Sinon, le Trégor est toujours bien à gauche et le Léon reste majoritairement favorable à la droite. Comme en 2002, l'élu de l'opposition municipale morlaisienne Gilles Caroff (UMP), tentera de faire barrage à l'ancienne ministre de la Justice, le 10 juin prochain. L'UDF pourrait jouer les trouble-fête au regard des 22,9 % de voix que François Bayrou avait recueillies dans la circonscription, lors du premier tour de l'élection présidentielle. Conseiller municipal à Guiclan et éleveur laitier, Jocelyn Joncour, 33 ans, défendra les couleurs de l'UDF.

3e circonscription

Dix candidats :

1. Jean Augereau, professeur, 49 ans (Les Verts) ; 2. François Cuillandre, cadre de la fonction publique en détachement, 52 ans (PS) ; 3. Jacques Piro, moniteur dans un centre d'aide par le travail, 59 ans (LO) ; 4. Erwan Quelennec, ouvrier imprimeur, 28 ans (LCR) ; 5. Catherine Couturier, assistante d'édition, 49 ans (Gauche alternative) ; 6. Murielle Dubreule, secrétaire, 53 ans (PCF) ; 7. Marguerite Lamour, assistante administrative, 51 ans (UMP) ; 8. Laurent Merer, écrivain, 58 ans (UDF-Modem) ; 9. Véronique Remond, employée commerciale, 42 ans (FN); 10. Sophie Mével, assistante de direction, 37 ans (MPF).

Ségolène Royal en tête sur Brest-rural (50,94 % contre 49,06 %) : une surprise, forcément. Au premier tour, Nicolas Sarkozy (29,47 %) y avait devancé Ségolène Royal (27,65 %) mais les électeurs de François Bayrou (23,21 %) semblent s'être mieux reportés, au second tour, sur la candidate du PS. Voilà qui peut inquiéter, quelque peu, la députée UMP sortante Marguerite Lamour, élue en 2002 avec 51,84 % des voix face au maire socialiste de Brest François Cuillandre qui, dans un mois, tentera de retrouver le siège qu'il a occupé de 1997 à 2002. Dans les 33 communes de la circonscription, seules six ont voté Royal, (dont très nettement, les bureaux urbains de la circonscription), mais le poids de Brest a suffi à faire pencher la balance en faveur de la gauche. Marguerite Lamour devra aussi se méfier de la candidature de l'ancien préfet maritime Laurent Mérer, en lice sous les couleurs centristes et qui espère bien créer la surprise sur cette terre de forte tradition démocrate-chrétienne.

2e circonscription

Treize candidats :

1. Frédérique Le Nédellec, déléguée médicale hospitalière, 49 ans (UDB-Frankiz Breizh) ; 2. Yves Pages, médecin, 59 ans (UDF-Modem) ; 3. Patricia Adam, cadre de l'action sociale, 54 ans (PS) ; 4. Roger Calvez, technicien à l'université, 54 ans (Parti des travailleurs) ; 5. André Cherblanc, informaticien, 57 ans (LO) ; 6. André Garçon, technicien, 53 ans (LCR) ; 7. Patrick Appéré, retraité, 53 ans (Gauche alternative) ; 8. Madeleine Fabre, sans profession, 59 ans (FN) ; 9. Gaëlle Abily, chargée de mission en collectivité locale, 34 ans (PCF) ; 10. Marif Loussouarn, conseillère en mission locale jeune, 51 ans (Les Verts) ; 11. Jean-Yves Le Borgne, professeur, 59 ans (UMP) ; 12. Stéphane Ascoët, animateur cyberespace, 26 ans (Les nouveaux écologistes); 13. Sandrine Bretaud, chef d'entreprise, 37 ans (MPF).

Avec près de 56 % (55,91 % précisément) en faveur de Ségolène Royal, le Parti socialiste aborde l'élection législative de Brest-ville en pleine confiance. Sur le papier, Patricia Adam, élue en 2002 avec 52,71 % des voix face à l'UMP Claudine Péron, peut escompter, en juin, améliorer encore son score d'il y a cinq ans. Les autres candidatures de gauche (Verts, PC, LCR, LO...) qui seront en lice le 10 juin devraient lui faire peu d'ombre. À l'inverse, son nouveau challenger de droite, le conseiller municipal UMP Jean-Yves Le Borgne a du souci à se faire. Les 44,09 % récoltés par Nicolas Sarkozy dimanche, sur l'ensemble de la circonscription, ne lui laissent guère d'espoir de décrocher la députation dans un mois. D'autant qu'il doit déjà faire face, à droite, à un concurrent déterminé à profiter de cette législative pour s'implanter sur Brest : le maire UDF de Plouzané, Yves Pagès, fragilisé sur sa commune et qui espère bien décrocher cette semaine l'investiture officielle du nouveau Mouvement Démocrate de François Bayrou (21,78 % au premier tour dans Brest-ville). Mais les centristes pourraient bien opter en faveur d'une autre candidature.

1re circonscription

Onze candidats :

1. Marcelle Ramonet, chef d'entreprise, 57 ans (UMP) ; 2. Isabelle Le Bal, enseignante, 43 ans (UDF-Modem) ; 3. Yvonne Rainero, retraitée de l'enseignement, 61 ans (PCF) ; 4. Daniel Le Bigot, enseignant, 53 ans (Les Verts) ; 5. Janine Carrasco, éducatrice spécialisée, 43 ans (LCR) ; 6. Alain-Pierre Rousseau, ingénieur, 57 ans (MPF) ; 7. Serge Hardy, enseignant, 40 ans (LO) ; 8. Xavier Deghilage, informaticien, 49 ans (FN) ; 9. Jean-Jacques Urvoas, professeur de faculté, 48 ans (PS) ; 10. Didier Marzin, commerçant, 34 ans (MNR); 11. Gilles Messaoudi, artiste peintre, 44 ans (La France en action).

Tenue par la droite depuis 1993, la circonscription de Quimper-Fouesnant-Briec a continué de rosir dimanche. Ségolène Royal y a devancé Nicolas Sarkozy de 7.515 voix. Au second tour de la législative 2002, la députée UMP sortante Marcelle Ramonet l'avait emporté sur son rival de gauche avec 2.074 suffrages d'avance. La candidate socialiste s'est notamment adjugé le canton de Briec, où François Bayrou (UDF) avait réalisé de bons scores au 1 e r tour de la présidentielle. Elle s'est très nettement imposée dans les trois cantons quimpérois (8.161 voix de plus et 58,6 % des suffrages). Ségolène Royal a certes accusé 1.221 voix de retard sur son rival UMP dans le pays fouesnantais, mais sa performance a confirmé, après le basculement du canton à gauche en 2004, une érosion du vote traditionnel droitisant. La législative de juin s'annonce donc ouverte. Sur cette terre de centre droit-centre gauche, l'hypothèse d'une triangulaire n'est pas à exclure. Au 1 e r tour de la présidentielle, François Bayrou (21,1 %) y avait, de loin, dépassé le seuil de 12 % des inscrits.

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